Jean Bellemare est un résidant de L'Île-des-Sœurs qui n’a pas froid aux yeux. Il vient de réaliser son plus récent exploit, en effectuant, avec son frère Daniel, l’ascension de l’Aconragua.
Il a réalisé son défi le 22 décembre dernier, atteignant ainsi le sommet de ce mont, à une altitude de 6962 mètres. Le ciel était sans nuage et ils pouvaient profiter d’une vue panoramique de 360 degrés.
Deux ans plus tôt, les deux frères avaient gravi le Mont Blanc (4808 mètres) et ils s’étaient promis, en redescendant, que leur prochaine destination serait le plus haut sommet des deux Amériques. C’est ce périple qu’ils ont entrepris, lorsqu’ils ont quitté Montréal, le 9 décembre dernier, en pleine tempête de neige et, treize jours plus tard, ils avaient atteint le point culminant de l’Aconragua.
Les frères Bellemare étaient bien préparés à cette ascension, mais ils savaient fort bien que diverses difficultés imprévues peuvent survenir, lors de pareilles aventures. Pendant les trois premiers jours, leur progression s’est faite assez facilement. Jean Bellemare qualifie même cette première étape de «marche», car ce sont les mules qui transportaient le surplus de matériel. C’est à compter du quatrième jour que la véritable ascension a commencé et le sort a voulu que la région subisse une tempête de vents (plus de 150 km/h) qui dura deux jours. Comme un malheur n’arrive jamais seul, ils ont bu de l’eau contaminée et ont souffert d’une forte diarrhée. Sans entrer dans les détails, on peut quand même expliquer que ce ne sont pas des conditions idéales, quand on ne dispose d’aucune installation sanitaire et qu’un vent glacial et violent balaie tout sur son passage… Même pour des gens expérimentés, le seul fait de monter une tente, dans de telles conditions, représente tout un défi!
En dépit des nombreuses difficultés, les frères Bellemare ont pu se rapprocher de leur objectif. C’est ainsi que Jean résume le « our 10!», dans son comte-rendu quotidien : «Il vente toujours, mais un peu moins que les trois derniers jours. Nous avons l’info qu’il y aura une fenêtre de deux jours avec un peu moins de vent, au sommet. Nos amis hollandais redescendent du camp 2, ils sont malades et ont gelé, pendant leur dernière nuit au camp 2. Ils redescendent jusqu’au camp de base. De notre coté, je suggère a mon frère que l’on doit se positionner pour le sommet. On se déplace du camp intermédiaire, dans le Col, jusqu’à Piedra Negra, à 6400m. C’est une autre grosse journée de travail, plus de 1000m de dénivellation, incluant la traverse du glacier des polonais. (…) On monte la tente, il vente toujours. Nous sommes perchés à 6400m d’altitude, juste avant Independencia. Le décor est incroyable. Mais il fait froid!»
C’est au onzième jour de leur ascension que les deux frères atteignent leur but. Ils commencent à progresser vers le sommet à 9h15 et doivent se munir de leurs crampons, puisqu’il y a de la neige, à certains endroits. Les 200 derniers mètres ont été les plus pénibles; le souffle est plus court, les pas sont plus petits… À 14h15, Daniel rejoint son frère Jean, au sommet des Amériques. Ils peuvent apprécier l’immensité des Andes et profitent de leur bonheur pendant plus d’une heure, avant de reprendre le chemin du retour. Ils redescendent à Piedra Negra où ils célèbrent leur journée avec une bonne soupe au poulet et nouilles et un bon RAMEN (bouillon japonais) au bœuf.
Après cette pause, il fallait reprendre le chemin du retour, mais ce trajet n’est pas de tout repos. Il a fallu deux journées complètes aux deux aventuriers pour atteindre Mendoza. Ils y sont arrivés, vers 22h20, mais ont tenu à aller manger «downtown». Le steak-frites, la bière et le pain n’ont jamais été aussi délicieux!
Les frères Bellemare sont revenus au Québec et préparent une conférence au cours de laquelle ils feront le récit de leurs aventures.
Ils ont voulu joindre l'utile à l'agréable et se sont associés à la Fondation pour la recherche sur la moelle épinière :
www.moelle-epiniere.com Le site permet de recueillir des dons et il n’a pas été mis à jour depuis leur retour. Ils ne savent pas combien ils ont ramassé d’argent, jusqu’à présent, pour la Fondation, mais ils savent qu’il y a encore des chèques qui rentrent.
nicole bellemare
Commentaire mis en ligne le 20 janvier 2010à lire