Raymond Paquin, de gérant à auteur
La mort de Dédé Fortin l'a poussé à écrire
Auteur du livre Luc Maurice et les nouveaux vieux, qui sort en librairie cette semaine, Raymond Paquin a travaillé à la radio et a fondé une société de perception de droits d'auteurs, est devenu gérant d'artiste, puis producteur. L'envie de rectifier les rumeurs qui ont mené au suicide de son protégé, Dédé Fortin, chanteur des Colocs, en 2000, l'a convaincu d'écrire un livre sur ce dernier. Son œuvre sur les aînés est son troisième livre qui est publié en cinq ans et il planche sur deux romans et un autre livre. Portrait d'un ex-gérant devenu auteur.
«J'étais tanné d'entendre toutes sortes d'histoires censées expliquer le geste de Dédé, raconte Raymond Paquin, en se remémorant le passé. Par exemple, certains l'ont qualifié de drogué. Or, il fumait un joint à l'occasion. J'ai donc décidé d'écrire un livre pour que les gens comprennent quelle personne il était vraiment», relate-t-il sur un ton déterminé.
Raymond Paquin a senti que quelque chose n'allait pas lorsqu'il a reçu par fax un poème de Dédé sur la comète, le matin de son suicide. «Il avait déjà fait une tentative dans le passé. Il faut que la douleur soit insupportable», précise avec émotion celui qui avait été fortement ébranlé à l'époque.
Écrire un livre sur Dédé a donc été libérateur pour M. Paquin. «Le livre a bien été accueilli. Je me suis dit que j'étais capable de bien écrire, d'avoir un style personnel et de continuer dans ce domaine.»
De l'Abitibi à L'Île-des-Soeurs
Né à Val-d'Or, Raymond Paquin a grandi à Rouyn-Noranda. Aîné d'une famille de six enfants, il a travaillé à Radio-Nord avant de gagner un concours qui lui a ouvert les portes de CJMS comme scripteur commercial à 19 ans.
«Je me suis aperçu, en côtoyant des artistes à la radio, comme Jacques Michel, qui animait une émission musicale, que les droits d'auteurs et la gérance d'artistes étaient peu connus. J'ai fouillé ces questions pour aider à négocier les contrats des artistes», affirme M. Paquin.
Ce dernier est devenu gérant d'une cinquantaine d'artistes au fil des ans, dont Jacques Michel, Philippe Leduc, François Dompierre et Richard Desjardins. Entre 1980 et 1985, il a aussi fondé et dirigé une société de perception de droits d'auteurs. Devenu producteur, il fait deux séries télévisées, deux variétés, deux pubs télé et environ 425 spectacles, entre 1990 et 1995. Il a, entre autres, produit les 39 dernières émissions du Village de Nathalie. Puis, de 1996 jusqu'en 2003, il coproduit avec Lise Durocher une cinquantaine de disques, dont Dehors Novembre et Suite 2116, des Colocs; Joseph-Antoine-Frédéric-Fortin-Perron de Fred Fortin; Rock with me de Lulu Hughes, et Bambatulu, de Lilison di Kinara, ainsi qu'une dizaine de vidéoclips, quelques films et plus de 300 spectacles.
Raymond Paquin libère ensuite ses artistes de leurs contrats, tout en réglant des affaires non classées pour Dédé, puis se met officiellement à l'écriture. «Mon père m'a dit quand j'avais 12 ans que notre famille descendait de Molière. C'est peut-être ce pieux mensonge qui m'a donné le goût d'écrire, mais ce n'était pas le bon temps de m'y mettre quand j'étais gérant ou producteur», confie celui qui aimerait compter une quinzaine de publications avant de mourir.
«Mon vieux Raymond»
Après son livre sur Dédé, un homme le reconnaît au restaurant Le Parthénon, à L'Île-des-Sœurs où les deux habitent. «Comment ça va, mon vieux Raymond?», lui lance Gilles Proulx, une connaissance du temps qu'il faisait de la radio et lui-même auteur. Au fil de leurs conversations du déjeuner chaque matin au Parthénon durant lesquelles l'animateur vedette raconte ses nombreuses anecdotes, M. Paquin rédige le livre Les 400 coups de Gilles Proulx.
Puis, il se consacre à développer deux romans, dont un policier, Le pianiste du Billy Blue's Bar, prévu en 2010, et Les démons de Lancelot, ainsi qu'un essai sur Les bâtisseurs du Québec moderne.
Durant ses travaux, il se rappelle qu'un jour, quelqu'un lui a dit que l'homme assis au café est le propriétaire d'Ambiance, une résidence pour aînés du Groupe Maurice. La fois suivante, M. Paquin se présente à Luc Maurice, président du Groupe portant son nom et discute des vieux, «des personnes plus âgées», préfère dire M. Maurice.
«Je ne le savais pas encore, mais mes visites des résidences et mes rencontres avec les parents des baby-boomers qui y résident pendant l'année de travail qui a suivi pour le livre Luc Maurice et les nouveaux vieux m'ont changé», raconte l'auteur.
Rencontre avec des bâtisseurs
Durant ses recherches, Raymond Paquin découvre qu'il reste 450 000 personnes, souvent encore actives, autonomes et en santé, de cette génération qui a bâti le Québec moderne. De plus, il s'étonne de ne trouver presque rien sur la Révolution tranquille et décide de consacrer un ouvrage encyclopédique sur ces bâtisseurs. Il est actuellement en pleine recherche.
Durant ses rencontres avec Luc Maurice, M. Paquin constate que l'entrepreneur maîtrise le sujet des aînés et qu'il sait parfaitement quels sont leurs besoins. «J'ai appris à 60 ans que la vieillesse peut être une période extrêmement agréable», conclut-il, serein.
Avec autant de projets d'écriture, Raymond Paquin devra peut-être se résoudre à remplacer son crayon par l'ordinateur pour rédiger ses manuscrits! Pour en savoir plus sur sa carrière et lire des extraits de ses livres, visitez
www.raymondpaquin-auteur.com.
carole nparé
Commentaire mis en ligne le 14 mars 2010où pwut on se procurér le livre sur luc maurice