Grâce à des subventions destinées à des diagnostics, des rénovations et au design d'aménagement, PR[:AC:]M-Commerce pourra desservir douze nouveaux secteurs cette année, dont la rue Notre-Dame Ouest.
Plaidoyer en faveur d’un renouveau urbain et commercial
Montréal crée un Bureau du développement des artères commerciales
À la fin du premier colloque de l'Association des Sociétés de développement commercial de Montréal, tenu le 2 juin au Marché Bonsecours, le maire Gérald Tremblay a annoncé la création d'un Bureau du développement des artères commerciales afin de valoriser le commerce de proximité dans la métropole.
«L'avenir de Montréal dépend de la revitalisation des artères commerciales dans ses quartiers, alors que la vitalité des quartiers influence la qualité de vie de ses résidants», avait énoncé Claude Rainville, président de l'ASDCM, avant que M. Tremblay prenne la parole.
Il avait alors exprimé le souhait que Montréal et ses arrondissements se dotent d'un plan d'action ainsi que des moyens pour le réaliser. «L'annonce du maire est une excellente nouvelle», a-t-il exprimé avec enthousiasme. Elle arrive surtout au moment où l'étalement urbain et la multiplication de méga centres commerciaux dans les banlieues représentent une menace pour l'avenir du commerce de proximité à Montréal, qui lutte pour attirer des consommateurs et garder ses résidants.
12 projets approuvés
La Ville injecte 285 000$ dans le Bureau du développement des artères commerciales pour élaborer un plan de développement commercial, soutenir la fonction commerciale et analyser la valorisation urbaine intégrée.
Un des mandats du Bureau est de gérer le volet commerce du programme réussir@montréal. Grâce à des subventions destinées à des diagnostics, des rénovations et au design d'aménagement, PR@M-Commerce pourra donc desservir douze nouveaux secteurs cette année. Il s'agit du Petit Maghreb, du Petit Beaubien, de la Petite Poirier, de la Place Jacques-Cartier, de la Petite Italie et du Marché Jean-Talon, des rues Wellington (secteur Sud-Ouest), Saint-Paul Est et Ouest, Saint-Jacques, Chabanel, Sainte-Catherine Ouest et Notre-Dame Ouest.
Déjà, 28 secteurs avaient été sélectionnés en 2008. Une enveloppe de 22,6 millions $ est d'ailleurs prévue à ce programme pour 2008-2009, dont 11 M$ proviennent des 140 M$ consacrés au plan Montréal 2025 par le gouvernement du Québec. La Ville a aussi accordé 255 000$ à l'ASDCM pour les années 2009 et 2010, afin d'appuyer des projets collectifs qui favorisent le développement des SDC à Montréal.
Conférenciers internationaux
Des conférenciers spécialisés dans la valorisation commerciale et le renouveau urbain provenant de Londres, Barcelone, Toronto, New York et Montréal ont enrichi le colloque par leurs propos et les tendances urbanistiques mondiales.
Réparti en quatre blocs, le colloque a abordé comme sujets l'historique du commerce de proximité et des SDC, les expériences hors Québec, le commerce de proximité comme patrimoine urbain et collectif et comme créneau d'avenir pour Montréal.
André Poulin, directeur général de Destination centre-ville, prévoit un accroissement de la population à Montréal par des immigrants moins nantis, signifiant ainsi une augmentation des besoins pour le commerce de proximité. Il souhaite voir Griffintown se réaliser avec des commerces de proximité et non comme un centre commercial urbain.
Clément Demers, architecte et urbaniste, croit qu'il faut limiter la concurrence créée par les banlieues. Il souligne aussi que la présence d'installations culturelles sert à la vitalité des quartiers et que les projets de commerce de proximité doivent être créatifs et novateurs. Il estime que des incitatifs permettent d'améliorer un secteur, tout en reconnaissant le rôle du programme Rues principales dans ce domaine.
Gérard Beaudet, directeur de l'Institut d'urbanisme et de l'Observatoire de la mobilité durable, voit la nécessité de revoir la fiscalité et d'aider les quartiers dont le cadre bâti est détruit.
Travailler ensemble
M. Poulin affirme que le défi des SDC est de travailler avec les acteurs du quartier, pour bien comprendre et répondre à leurs besoins, afin d'offrir le bon mixte commercial. Le maire Tremblay estime qu'il ne s'agit pas d'un débat entre Montréal et les banlieues, mais qu'il faut réinventer la communauté métropolitaine. Il invite les citoyens à s'approprier leur ville selon ce crédo: ma maison, ma rue, mon quartier. Il cite Henry Ford pour clore le colloque en disant que «se rencontrer est un début, rester ensemble est un progrès et travailler ensemble est la réussite».
En redéveloppant les artères commerciales avec des projets qui osent, Gérald Tremblay veut rendre la ville de Montréal «plus belle et attractive que jamais» pour célébrer les 375 ans de la métropole en 2017.
Photo # rue notre-dame