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Le Magazine Ile-des-Soeurs
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Serge Lavigne exposera cet automne

Avec le Refus global comme pièce maîtresse

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 1 juin 2009 à 14:23
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Serge Lavigne exposera cet automne
Serge Lavigne avec son œuvre du Refus global. (Photo: Sylvain Ryan)
Serge Lavigne exposera cet automne
Avec le Refus global comme pièce maîtresse
Une rencontre inattendue avec un signataire du Refus global, dont il a résumé l'œuvre dans une peinture, a donné l'élan nécessaire à Serge Lavigne pour prévoir à l'automne une exposition solo d'une partie de sa soixantaine de tableaux.
Exposant quelques-unes de ses toiles, tout comme trois autres artistes, du 5 au 15 mai à la Caisse Desjardins de L'Île-des-Sœurs, M. Lavigne a fait écarquiller bien des yeux avec son tableau du Refus global.

«Des gens se sont attardés aux signataires du Refus global, dont j'ai peins les noms sur l'oeuvre, en se demandant qui ils étaient ou ce qu'ils étaient devenus parce qu'ils les connaissaient ou les avaient côtoyés durant leurs études», raconte l'artiste qui habite à L'Île-des-Sœurs depuis 1978. D'autres visiteurs ont apprécié le tableau intitulé 16 lumières dans la Grande Noirceur parce qu'il représente, en une seule pièce, la lutte pour sortir de la noirceur.

«J'aime l'art, surtout la forme abstraite qui a un sens, qui signifie quelque chose. Un tableau est d'abord une intention», précise Serge Lavigne, qui a utilisé une spatule comme instrument pour réaliser la toile du Refus global, qui a amené les gens à s'intéresser à ses autres œuvres, dont Création de l'homme.
La consécration
«C'est en raison de l'engouement des gens pour connaître ma panoplie de tableaux que je prépare une exposition solo pour l'automne», ajoute le peintre. Sa décision a toutefois été fortement influencée par sa rencontre inopinée avec Pierre Gauvreau, un signataire du Refus global en 1948.

M. Lavigne assistait à un vernissage lorsqu'il a montré son tableau à sa professeure de couleurs, Hélène Goulet. Elle lui a aussitôt dit qu'il devait le montrer à M. Gauvreau, qui était présent dans la salle. «Il s'est exclamé devant l'œuvre en disant que j'avais l'œil, ce qui est le compliment ultime pour un peintre, relate l'artiste avec émotion. Puis, il a demandé à voir mes autres toiles et nous avons ainsi discuté pendant une heure. Ce fut une véritable consécration et ses encouragements m'ont donné toute la confiance qu'il faut pour plonger dans une exposition solo avec le Refus global comme pièce maîtresse.»

Bien qu'il ait déjà reçu une douzaine d'offres pour cette toile, M. Lavigne souhaite la voir dans une collection publique qui servira à la collectivité. «Le Refus global est un héritage culturel. Il a sonné le réveil des Québécois qui a mené à la Révolution tranquille. L'œuvre est significative de ce mouvement», affirme-t-il.
Parcours indépendant
Serge Lavigne a étudié la philosophie et le droit à Montréal. Il a notamment travaillé en notariat et à la Caisse de dépôt, cofondé et dirigé le journal Finance, qui a depuis fusionné avec Les Affaires, puis il est redevenu agent dans l'immobilier commercial.

Profitant de nombreux voyages, M. Lavigne s'est intéressé à la peinture d'abord comme collectionneur, puis il a eu un coup de foudre pour pratiquer cet art lorsqu'il s'est retrouvé au musée du Prado, à Madrid, en Espagne, pour, notamment, admirer une œuvre du peintre Le Greco. Possédant beaucoup de temps libre, il se consacre intensément à la peinture depuis 2000, ainsi qu'au piano depuis un an.

Autodidacte, Serge Lavigne a aussi suivi trois sessions d'ateliers pratiques aux Beaux-Arts du Centre Saidye Bronfman et un cours sur la couleur. Il dit faire de l'abstrait signifiant. «Il faut apprendre à lire un tableau, car il raconte une histoire, il communique l'émotion et ouvre un dialogue. L'art permet également de se découvrir et de se connaître. On est sa propre limite», souligne le peintre, dont l'exposition solo à venir permettra à la population d'apprécier une œuvre représentant une partie de l'histoire du Québec et d'autres tableaux sélectionnés de M. Lavigne.

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