Ces nids géants font jaser les gens de l'île depuis dix jours.
Des nids au boisé, un canular bien ficelé
Une autre œuvre d’art qui provoque les réactions
Depuis dix jours, la présence de deux grands nids d'oiseaux sur des branches mortes appréciées des hérons au lac des Battures, près du quai d'observation du boisé Saint-Paul, suscite la curiosité des personnes habituées de s'y promener.
«Les gens se demandent si c'est une décoration, si c'est la ville qui a placé les nids à cet endroit, quel oiseau pourrait bien avoir fabriqué pareil repaire ou s'il s'agit d'une nouvelle espèce animale», raconte Julie Hauver, la responsable de ce mystère.
Étudiante en arts visuels et médiatiques à l'UQAM, Mme Hauver devait concevoir un projet créant un effet de surprise. Elle s'est inspirée de la photo d'un héron perché, publiée le 30 avril en page frontispice du Magazine, pour réaliser son devoir universitaire.
«Je me suis rendue en canot à l'endroit diffusé dans le journal pour installer deux nids géants. L'idée est de voir comment l'écosystème va réagir à cette intrusion et s'occuper des nids.»
Julie Hauver a ensuite enregistré les commentaires des passants, tout en filmant les nids. «Les gens qui s'arrêtent ici remarquent rapidement les nouveautés. Ils se demandent ce qui se trouve sur ces branches qui sortent de l'eau, car ils sont curieux ou bien ce genre de nids ne leur est pas familier. Bref, ils sont méfiants et ont des doutes sur la présence des nids», témoigne l'étudiante, qui réside à L'Île-des-Sœurs.
Intégration ou rejet?
La grande question du projet concerne l'intégration ou le rejet des nids par l'écosystème. «J'ai constaté que les hérons semblaient réticents, au début, à se poser à cet endroit comme d'habitude, mais ils le font maintenant sans se formaliser des nids», relate Mme Hauver.
Cette dernière raconte avoir rencontré un garde forestier qui lui a dit que les oiseaux s'adapteraient sans problème. «Je ne crois donc pas que les nids vont perturber l'écosystème. J'espère qu'ils vont s'intégrer au paysage du boisé et dans la culture de l'île», souhaite-t-elle.
En laissant des traces d'intrusion dans le boisé, Julie Hauver a laissé planer un certain canular sur la présence d'une nouvelle espèce animale et la rumeur propagée par les visiteurs s'est presque transformée en légende urbaine. Le secret a toutefois été éventé par des témoins, dont des gens soucieux de l'environnement qui ont questionné l'étudiante au moment où elle plaçait les nids.
«Ils semblaient incrédules et m'ont simplement demandé d'obtenir la permission de l'arrondissement, dont je n'ai pas reçu d'indication formelle», assure Mme Hauver. Cette dernière projetait d'installer un troisième nid à l'entrée du boisé avant de présenter, aujourd'hui même, les résultats de son projet devant ses camarades de classe.