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Chaque artiste est un business pour un agent

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 30 avril 2009 à 16:20
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(Photo: Martin Chamberland)">Chaque artiste est un business pour un agent
Stéphan Deschenaux. (Photo: Martin Chamberland)
Chaque artiste est un business pour un agent
Stéphan Deschenaux a été représentant sur la route pendant 14 ans avant de créer une agence d'artistes portant son nom il y a cinq ans à Verdun.
«J'ai des amis dans le domaine culturel qui m'ont dit que je ferais un bon agent d'artistes. Comme j'étais un bon vendeur, j'ai décidé d'utiliser cette qualité et mes compétences en marketing pour devenir agent», raconte celui qui conseille 31 membres de l'Union des artistes.

Créée en janvier 2005, l'Agence Stéphan Deschenaux se distingue par le service offert à ses clients, soutient l'agent-propriétaire. «Je m'engage entièrement envers mes clients. Ils peuvent me joindre en tout temps et je retourne mes appels en une demi-heure.»

Comme agent, Stéphan Deschenaux peut entretenir un lien privilégié avec ses clients, car il a choisi d'être une petite agence. «Il n'y a pas de petite place dans l'agence. Chacun y occupe une grande place. J'aime dire que j'ai 31 business dont chaque comédien possède 51% des parts, car la décision finale lui appartient. Mon rôle est de le conseiller, mais il peut faire à son idée», explique-t-il.

M. Deschenaux voit aussi à tout. «Je suis agent le jour, je rencontre mes clients et négocie les contrats, puis administrateur le soir, je m'occupe des comptes et du site Internet www.agencedeschenaux.com qui joue un rôle majeur dans l'augmentation de contrats», précise-t-il avec le sourire, car il est bien heureux d'être son propre patron.

L'agent est même sollicité les fins de semaine par ses clients pour leurs tournages à Montréal, Toronto et Vancouver. «Les ententes sont généralement bien respectées, mais il arrive que le texte change ou qu'on demande au client d'en faire plus, alors je suis disponible pour régler ces détails», raconte Stéphan Deschenaux.
Dénicher les auditions
Selon lui, le travail d'agent d'artistes est de vendre ses clients auprès des décideurs de l'industrie. La photo de casting, les démos de voix et de jeu et un curriculum vitae de chacun de ses artistes se retrouvent sur le site Internet de l'agence.

«Le plus dur est de dénicher des auditions pour un rôle de premier plan. C'est au comédien ensuite de démontrer son talent pour décrocher le rôle», poursuit celui qui évalue à 86 le nombre d'agents qui représente les 6000 membres de l'UdA.

Spécialisé dans les créneaux des téléséries, publicités, long-métrages et voix (pub et doublage), M. Deschenaux sélectionne ses clients de façon particulière. «J'y vais par connaissances ou références, tout en tenant compte des expériences de jeu, mais aussi de la vie. Je me base sur les démos de l'artiste, son jeu sur scène et mon instinct. Je dois sentir une chimie s'installer, comme un coup de cœur, sinon ça ne fonctionnera pas», raconte celui qui représente tout de même un éventail varié de comédiens, allant d'adolescents aux adultes et artistes d'âges mûrs, de tailles et personnalités différentes.
Chacun son histoire
Jean-Marie Lapointe, Éric Hoziel, Jean-François Beaupré et Isabelle Pagé figurent parmi les artistes les plus connus de l'Agence Stéphan Deschenaux. Mais d'autres connaissent aussi leur premier jour de gloire. «Un de mes jeunes artistes vient de décrocher une audition pour le rôle titre d'un film, tandis qu'un autre va tourner sa première pub», raconte l'agent qui estime entre 15 et 20 le nombre d'auditions nécessaires, par exemple en publicité, avant d'être retenu pour en tourner finalement une.

En fin de compte, M. Deschenaux considère qu'il doit composer avec la nature des projets et du casting pour bien placer son monde, tout en considérant où chacun est rendu dans sa carrière. «Je dois parfois casser l'image associée à un artiste, explique l'agent. Par exemple, Éric Hoziel peut faire autre chose qu'un dur qui joue au hockey. Dans le film de Bernard Émond, La donation, qui sortira cet automne, il incarne un boulanger zen qui écoute du classique!»

Âgé de 42 ans, Stéphan Deschenaux passe son temps comme si chaque jour était un samedi, où l'inconnu est au rendez-vous. «Je suis un passionné du domaine culturel et des gens. Je vais même dans des théâtres de 30 ou 40 places pour recruter des perles», affirme celui qui a comme projets de solidifier son entreprise et que celle-ci soit reconnue par ses pairs comme une bonne agence. Lui-même a vécu une expérience de tournage lorsqu'il a été figurant pour une émission. «Je l'ai fait par curiosité», conclut celui qui préfère s'occuper de ses artistes.

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