La Collection St-Onge est une affaire de famille. Robert, Janie, Frédéric et Nicole St-Onge avec Éric, un employé. (Photo: Martin Chamberland)
La Collection St-Onge, une affaire de famille
Gemmologiste, puis évaluateur, Robert St-Onge a créé sa propre collection de bijoux en 2002. Fabricant de produits haut de gamme en vente chez une trentaine de détaillants au Canada, M. St-Onge s'est ouvert au marché mondial en mars lorsque trois magasins de Dubai ont acheté une partie de sa collection pour la vendre à leur clientèle.
Cette percée fera des petits. «Aussitôt la récession terminée, on sera présent aux États-Unis», affirme M. St-Onge, qui s'est rendu dernièrement à Tucson, en Arizona, pour chercher des pierres précieuses à la demande d'un client de L'Île-des-Sœurs où il habite également depuis 20 ans. «Je vais voir chaque année les nouveautés du marché. C'est très intéressant», raconte celui qui a poursuivi sa route en Californie où il a montré des pièces de sa collection à des clients potentiels.
Pour conclure l'affaire à Dubai, Robert St-Onge a rencontré une référence de son fournisseur de diamant en Belgique. Son autre fournisseur est à New-York, dans le vaste marché américain. «Chose certaine, nous voulons avoir notre collection chez plus de détaillants, même au Canada», assure le spécialiste des bijoux à son atelier de la rue Cathcart, à Montréal, un endroit plus central pour sa clientèle.
Chacun fait sa part
L'atelier est aussi devenu la deuxième maison de la famille St-Onge, car l'épouse, la fille et le fils de Robert y travaillent. «Frédéric s'occupe de l'atelier. Il voit à la préparation et au coulage de l'or, ainsi qu'à la production», décrit le père. Sa fille, Janie, qui termine ses études en marketing, a déjà réalisé le site Web et un dépliant pour l'entreprise. L'épouse, Nicole, travaille à la réception, au service à la clientèle et s'occupe aussi de la comptabilité. Pour sa part, Robert voit à la création et la mise en marché des pièces, ainsi que leurs coûts.
L'atelier St-Onge emploie deux autres personnes. Éric reproduit en trois dimensions le dessin final, puis grave à la machine la pièce maîtresse à l'aide de cire, tandis que Hovsep est le sertisseur, c'est-à-dire qu'il place la pierre dans la monture du bijou.
Parcours d'un expert
Robert St-Onge a travaillé un été dans une bijouterie lorsqu'il était étudiant. Il a ensuite étudié la gemmologie, science qui détermine la nature des pierres, en Californie, puis obtenu son premier emploi chez Birks.
Il a plus tard ouvert un cabinet d'expertise qui lui a apporté son lot d'expériences. «J'évaluais les pièces, tout en observant les différences entre celles d'Europe, des États-Unis et des îles», confie le joaillier.
Puis, ce dernier a fondé un atelier avec sa famille pour créer sa collection. «Je voulais apporter quelque chose de différent sur le marché mondial. Une pièce élaborée plus difficile à imiter. J'avais en tête l'idée d'une galerie, soit un bijou à deux faces, comme avoir deux bijoux en un», explique M. St-Onge.
Il s'inspire des époques édouardienne et victorienne pour représenter le passé, en ajoutant une touche de renouveau adaptée au goût du jour. Le dessin se veut plus moderne, avec des motifs comme des fleurs. «La finition des pièces présente une touche européenne soignée», précise l'homme d'affaires et de famille.
Pièce ornée de diamant
La Collection St-Onge est constituée d'environ 100 pièces et se distingue par sa galerie, ses détails et la signature St-Onge. Chaque pièce est ornée de diamant, saphir ou diamant noir. Chaque nouvelle pièce prend deux mois à créer. Le travail au microscope permet de valider le moulage selon les particularités de la pièce créée à partir d'un dessin réalisé par ordinateur. La pièce est ensuite produite en quantité illimitée et peut être livrée en une semaine. De plus, l'alliage utilisé est le palladium, car une partie de la population serait allergique au nickel, selon M. St-Onge.
Concernant l'évolution du marché, le joaillier souligne le phénomène du bijou jetable fabriqué en Chine et vendu pas cher. «La clientèle est différente dans la haute joaillerie», indique le spécialiste. Il estime aussi que le domaine est présentement en mode attente en raison de la récession.
Mais Robert St-Onge conserve la flamme pour son métier. «J'aime l'innovation. Nous produisons souvent plusieurs pièces simultanément, mais à différentes étapes. Nous avons aussi créé un présentoir pour chaque pièce. Par exemple, nous avons en démonstration un pendentif avec les boucles d'oreilles assorties sur un chevalet», conclut le joaillier, qui fabrique également des bracelets et des bagues. À voir sur
www.st-ongecollection.com.