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Sylvie Giguère : Portrait d’une battante au cœur tendre

par Amélie Poulin
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Article mis en ligne le 19 mars 2009 à 9:43
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Sylvie Giguère : Portrait d’une battante au cœur tendre
Sylvie Giguère, Vice-présidente chez Bell.
Sylvie Giguère : Portrait d’une battante au cœur tendre
Amélie Poulin
Sylvie Giguère. Connaissez-vous cette petite bombe d’énergie qui ne cesse de faire sa marque dans le monde des affaires et dans sa communauté? Non? Normal. Discrète, elle ne cherche pas les honneurs à tout prix. Vice-présidente réputée, elle s’occupe du marché moyennes entreprises chez Bell depuis près de cinq ans. En plus d’être confortablement installée au Campus Bell de l’Ile-des-Sœurs, elle est insulaire verdunoise depuis près de 20 ans. Femme engagée et généreuse, elle assumera la présidence d’honneur de la deuxième édition de Vie de femme qui aura lieu au restaurant Crescendo à Verdun le 22 avril prochain.
Profession : femme d’affaires
Enfant, elle ne rêve ni à la médecine, ni au droit, ni à aucune autre profession libérale. Son souhait? Devenir femme d’affaires. Mais pas n’importe laquelle : la meilleure! Compétitive dans tous les aspects de sa vie, la vente coule littéralement dans ses veines. Fille d’un entrepreneur dans le domaine de la chaussure, elle aspire à suivre ses traces. Blessée, elle découvre qu’elle n’est pas considérée comme une succession potentielle. «J’ai toujours eu la conviction que c’était par manque de confiance en mes capacités. Récemment, j’ai découvert, qu’en fait, mon père aspirait tout simplement à un meilleur avenir pour moi.» Quoique douloureux, cette perception de désaveu forge sa force de caractère. «J’ai voulu lui prouver que j’étais capable, que j’avais du talent.» À n’en pas douter, elle a réussi.

Intense, intègre, tenace; elle ne connaît guère les quatre chemins. Exigeante, elle l’est autant avec elle-même, qu’avec son entourage. La politique? Très peu pour elle. «Mes épaulettes, je les gagne à force d’un travail acharné.» L’expression une main de fer dans un gant de velours lui sied à ravir. Très sociale, elle adore être entourée et elle a le cœur sur la main. Le mieux-être de sa famille, ses employés et ses partenaires, c’est sa priorité. Malgré les apparences, cette fougue n’a pas toujours fait rage. Mais à force de connaître des succès, elle prend confiance en elle. «J’ai connu des échecs dans ma vie, mais le succès a pris le dessus.»
La route vers le sommet
Entourée d’entrepreneurs anglophones dès son plus jeune âge, elle réalise rapidement l’importance du bilinguisme. Dès la première secondaire, elle passe ses étés dans les camps de vacances américains. De nature extravertie et loquace, elle passe un été en silence. «J’étais incapable de m’exprimer.» Déterminée, elle s’y rend chaque année jusqu’à l’âge de 18 ans.

Attirée par l’excellence, elle choisit de poursuivre ses études à l’Université Western Ontario, la «Harvard canadienne.» S’étant illustrée au collégial, elle saute une année. Cet honneur se transforme en dure épreuve. Manquant certaines notions de base, combiné à un anglais approximatif, elle doit engager un coach et faire appel à son mentor pour la guider. «J’ai terminé mes études avec succès, mais épuisée et aux dépens de mon apprentissage social.»

Pour se découvrir, elle s’envole pour la Grèce. Alors habituée à prendre les choses en main, elle opte pour un voyage organisé de six semaines. «J’avais besoin de me faire prendre en charge, d’être imprégnée dans un groupe.» De retour du vieux continent, elle ignore toujours sa destinée. La vice-présidence? Pas encore. Duchesse du Carnaval de Québec? Pourquoi pas! Surprise, elle est sélectionnée parmi 400 candidates. «Ce fut une expérience de vie incroyable, un bain social extraordinaire. J’ai appris à faire des entrevues en direct à la télé, à la radio, en plus de rencontrer des personnalités de prestige.» Elle découvre qu’elle est une leader naturelle, qu’elle se démarque. Mais pas à n’importe quel prix. « Je me distingue par mes performances, jamais aux dépens d’autrui », tient-elle à préciser.

Avec une estime redorée, elle enchaîne plusieurs postes de ventes chez IBM Canada, SHL Systemhouse, Groupe LGS et SAP, relevant défi après défi. Mais c’est chez Cisco qu’elle s’épanouit. «Après sept années dans cette boîte, j’ai enfin pris confiance en moi.» Difficile d’en douter. Elle devient la première femme dans l’Est du Canada à occuper un poste de direction et la seule femme au Canada à se rendre jusqu’à la vice-présidence. Leader notoire, on ne tarde pas de la remarquer. En 2004, Bell la sollicite et lui offre le poste de vice-présidente aux ventes, marché PME. Un défi à sa hauteur, un tremplin vers l’excellence.
Période de turbulence et le retour de l’équilibre
Mais cette route vers le sommet ne se fait pas sans heurt. À 30 ans, elle travaille pour un patron qui la met à plat. « Pour lui, je ne faisais rien de bon. » C’est l’élément déclencheur. Elle décide de retrouver son équilibre, de revenir à l’essentiel. Son désir de fonder une famille guide ses prochaines décisions. Elle se marie et adopte un bébé russe d’un an. «Ça a changé ma vie pour le mieux. Je suis devenue une meilleure personne. Mais, du même coup, ce fut un grand défi.» Visiblement, la première année de vie de ce petit être s’est déroulée dans une bassinette, sans le luxe des câlins. Sa santé fragile nécessite des soins, du temps. Afin de garder l’équilibre familial, son mari quitte la vie active pour le mieux-être de leur famille. «Mon enfant, c’est ce qui me rend la plus fière, la plus heureuse. J’ai toujours voulu une famille.»

En 2008, son équilibre se trouve de nouveau fragilisé. Pendant huit mois, elle voyage trois jours par semaine à Toronto, alors que son fils débute la première secondaire avec tous les défis que cela comporte. Malchanceuse, elle débute et termine l’année en béquille suite à une chute de ski en janvier et une opération au genou plusieurs mois plus tard. Concurremment, l’économie vacille. «Du plaisir, j’en ai eu moins. Mais j’étais choyée que mes clients, mes employés et mes collaborateurs me soient demeurés fidèles pendant cette période de turbulence.» Sa priorité en 2009 : avoir du succès, tout en ayant du plaisir.
Une femme engagée auprès de la communauté
Malgré un horaire quasi présidentiel, Madame Giguère est fort active dans la communauté. Les causes dédiées aux enfants défavorisés et à l’avancement de la femme lui tiennent particulièrement à cœur.

Depuis près de cinq ans, elle est la marraine de la Marche pour Jeunesse J’écoute à Montréal, un événement fort populaire auprès des employés de Bell depuis plusieurs années. Jeunesse J’écoute est le seul service de consultation et de référence pancanadien qui vient en aide à des jeunes en difficulté en leur offrant de l’assistance jour et nuit par téléphone et par Internet. Ce service, offert aux enfants et aux adolescents, est bilingue, gratuit et anonyme. «Je soutiens cette cause depuis mon arrivée chez Bell; c’est très important pour moi. La marche est le 3 mai, j’invite les gens à se joindre à nous. Consultez le site web www.marchepourjeunessejecoute.ca pour vous inscrire.»

Pendant trois ans elle s’est impliquée auprès du Fonds Casse-Noisette pour enfants des Grands Ballets canadiens de Montréal, afin de faire connaître l’art aux enfants des écoles défavorisées. En guise de remerciement, elle a reçu trois œuvres d’art aux allures enfantines qui sont fièrement exposées sur les murs de son bureau. «Ces tableaux, c’est l’une des plus belles formes de reconnaissance que j’ai reçue dans ma vie.»

Sa contribution communautaire ne s’arrête pas là. Résidante de l’Ile-des-Sœurs depuis 1990, elle s’implique depuis trois ans dans la cause Toujours Ensemble, un organisme à but non lucratif qui soutient des jeunes de Verdun qui éprouvent des difficultés scolaires, familiales et sociales. «Je trouve l’Ile totalement extraordinaire : les pistes cyclables, l’équipe de soccer, le Junior de Montréal, la population cosmopolite. C’est important pour moi de m’impliquer dans mon quartier.»

Le 22 avril prochain, elle sera la présidente d’honneur de Vie de femme, une journée de reconnaissance, de ressourcement et de réseautage destinée aux femmes de Verdun. Lors de cet événement animé par Mitsou Gélinas, Madame Janette Bertrand sera honorée, afin de souligner son apport considérable à l’avancement de la condition féminine. «Je suis extrêmement touchée d’avoir le privilège de pouvoir rendre hommage à cette grande dame qui m’a influencée.» Généreuse, elle offrira également une conférence détaillant son cheminement, en plus de faire un don de 5000 $ au nom de Bell à Amalgame Montréal Inc., un organisme de charité qui a pour mission de valoriser les personnes handicapées physiques adultes de Verdun.

Pour Information sur l’événement Vie de femmes : 514 362-9112 ou viedefemme.net
Par Amélie Poulin, MBA

Présidente de la section du Québec de l’Association canadienne des femmes en communications

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