Dorothée Berryman a trouvé sa voie comme chanteuse
En concert au Upstairs Jazz Bar & Grill les 27 et 28 février
Jazz, jazz et re-jazz. Dorothée Berryman transpire le jazz. Rencontrée au Upstairs Jazz Bar & Grill, où elle sera en concert les 27 et 28 février, à 19h et 22h, cette insulaire depuis dix ans, qui anime l'émission de radio Espace musique le weekend de 17h à 20h, a trouvé sa voie comme chanteuse de…jazz! Portrait d'une passionnée de la scène.
«Quand j'étais jeune, sur la ferme de mes parents, Daddy écoutait le jazz à la radio et regardait les grands du jazz à la télévision (aux émissions américaines de fin de soirée)», raconte l'artiste multidisciplinaire et bilingue qui a gagné le prix d'animer l'émission jeunesse Nouvelle vague, à la radio de Québec, quand elle était adolescente.
Native de Lorettville, Dorothée Berryman a suivi son cours classique au Collège Bellevue et a étudié en littérature à l'Université Laval où elle a aussi fait du théâtre avec le Groupe des Treize dirigé à l'époque par Raymond Bouchard avec, entre autres, Rémy Girard et Normand Chouinard comme élèves.
«Déjà toute petite j'aimais le théâtre», se rappelle la comédienne qui a notamment cofondé une compagnie de théâtre à Québec qui faisait la tournée des cégeps pour jouer des pièces toutes prêtes, ce qui lui a permis d'étaler son talent et d'accéder à la grande scène.
«Paul Hébert m'a vu jouer et m'a offert le premier rôle dans Pygmalion. Quand j'ai vu que la pièce touchait les gens, j'ai décidé de faire carrière comme comédienne, car j'ai compris que je pouvais changer des choses dans leur vie, de leur être utile. J'avais toujours pensé être enseignante comme ma mère», confie Mme Berryman.
Télé, radio et musique
L'actrice a ensuite joué dans La Ménagerie de verre, Le Pélican et Le Misanthrope. Elle a côtoyé des grands du théâtre comme Albert Millaire et Gaétan Labrèche, connu la fin des télé-théâtres et joué à la télévision et au cinéma, obtenant une nomination comme meilleure actrice pour son rôle de Louise dans Le déclin de l'empire américain. Elle tient aussi un rôle dans le film Je vais te manquer qui sortira cette année.
Dorothée Berryman a également fait du théâtre d'été à Eastman pour Marjolaine Hébert et Louis-Georges Carrier l'a engagée à Montréal ensuite. «On faisait des créations québécoises et des comédies musicales. Je jouais et chantais sur scène. J'ai d'ailleurs chanté au talk-show Appelez-moi Lise et reçu des offres pour faire un disque, mais j'avais peur à l'époque.»
Cherchant sa voie, elle a suivi des cours de voix et passé sept ans à New-York, notamment à apprendre le chant, les mouvements, le jeu et la diction. «J'ai vu plusieurs spectacles et je me suis plongée dans la musique», souligne Mme Berryman, qui espère sortir son troisième album d'ici la fin de l'année.
Assidue au Festival de jazz de Montréal, elle va voir jusqu'à trois spectacles par jour et fait parfois partie de la programmation. L'an dernier, elle chantait sur un bateau de croisière dans le port.
Sa place à l'île
Durant un été où elle jouait au théâtre sur la Rive-Sud de Québec et habitait dans un chalet au bord du fleuve, Dorothée Berryman a ressenti le besoin de vivre près de l'eau, voir l'horizon et profiter du calme environnant. Elle s'est alors rappelé avoir accompagné un ami qui visitait un appartement à L'Île-des-Sœurs, dans lequel elle s'était sentie bien, et se demandait si le logement était toujours libre. «L'agent d'immeuble m'a dit qu'un autre logement était disponible et qu'il répondait à ce que je voulais, je l'ai donc pris», raconte-t-elle.
L'actrice, qui a déjà habité dans plusieurs quartiers montréalais, a alors vendu sa maison de Rosemont en apportant seulement ses vêtements, ses livres et… ses disques! «C'était un nouveau départ. J'ai même changé mon piano droit pour un piano à queue. J'y fais mes répétitions», indique Mme Berryman, qui apprécie la proximité du centre-ville.
Parlant à tout le monde qu'elle voulait trouver un endroit pour chanter, l'insulaire s'est fait offrir la scène du Sofa. Elle a monté chez elle un spectacle de 30 chansons en un mois et le Sunday Kind of Love a pris l'affiche chaque dimanche pendant trois mois.
Cette année, Dorothée Berryman en est à sa cinquième saison au micro d'Espace musique et sa quatrième au Upstairs. «J'ai besoin de la scène. J'aime ça!», admet-elle, les yeux brillants de passion. Avouant avoir hâte de revenir comme actrice, elle constate que les chansons durent plus longtemps qu'une pièce de théâtre, par exemple.
«Sur scène, c'est entre le public et moi. Quand le courant passe, je vis de grands moments!», souligne celle qui qualifie la musique jazz de marginale, mais aimée partout dans le monde. Pour l'artiste insulaire, les projets d'avenir commencent par le concert au Upstairs. «Quand tu suis ton cœur, la vie est là pour t'aider», conclut-elle avec sagesse.