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Le Magazine Ile-des-Soeurs
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Gamine aura rendu tout un service aux autorités ou les dangers du piégeage en milieu urbain

Article mis en ligne le 14 novembre 2008 à 17:46
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Gamine aura rendu tout un service aux autorités

ou les dangers du piégeage en milieu urbain
Dans l’article « Piégé dans un piège à castors, un chien succombe à ses blessures » signé par P. Vigneault (Le Magazine du 6 nov. p. 6), on trouve des erreurs de faits, en plus d’éléments… manquants.

D’abord, le terrain de jeu situé à peine à une quinzaine de mètres de la berge où s’est fait piéger ma chienne n’apparaît ni dans la photo du texte français, ni dans celle du texte anglais. Situons le lieu de l’accident, soit vis-à-vis de la courbe serrée reliant le chemin du Golf et Marguerite-Bourgeois.

Vous écrivez : « …mortellement blessé dans un piège à castors… dans le voisinage des Club Marin 1 et 2 ». Ce que vous ne dites pas : le piège (en fait, les pièges) était en plus à quelques mètres à peine derrière la tour à condos du 1 200, chemin du Golf, édifice construit particulièrement près du fleuve et accessible…

Vous écrivez : « Quatre pièges à castors avaient été installés à quelques endroits stratégiques sur le territoire de l’île… ». Sur ladite berge, il y avait : un piège dans lequel avait été piégé un jeune animal (rat musqué ou castor)

–c’est ce qui a attiré ma chienne–, un second dans lequel celle-ci est morte étranglée, ainsi qu’un troisième dans lequel une passante venue m’aider et moi-même aurions pu mettre le pied.

Radio-Canada nous apprend que le quatrième piège était posé au lac des Battures… longeant le boisé Saint-Paul. Quel soulagement que le piège ait été enlevé, connaissant le nombre de gens qui fréquentent ce boisé tous les jours.

Vous dites plus loin : « Les quatre pièges avaient été placés à des endroits où l’on trouve habituellement des castors et qui sont généralement inaccessibles au public (…) dans les secteurs en dehors des sentiers balisés. » Il est vrai que vos photos donnent l’impression qu’on est à mille lieues de tout « sentier balisé » et qu’il s’agit pratiquement d’un terrain vague. Or, non seulement étions-nous près d’un terrain de jeu et d’un immeuble résidentiel, mais en plus à deux ou trois mètres d’un large chemin de terre battue emprunté quotidiennement, qui devient un étroit sentier longeant l’arrière des condos.

S’il est vrai qu’aucun sentier ou petite crique ne menait à la berge à cet endroit, la dame et moi y sommes quand même descendues en quelques pas pour tenter de délivrer mon chien sans succès, en nous accrochant aux arbres –ceux qui restent. Un enfant de 5 ans et plus aurait pu, éventuellement, aller y chercher son ballon, cela va de soi. J’ai perdu ma chienne, au lieu que ce soit un enfant. Les autorités municipales, ainsi que Nature-Action Québec (l’organisme sous-traitant de l’arrondissement qui a engagé le trappeur) doivent une fière chandelle à Gamine.

Vous écrivez : « C’est un trappeur professionnel qui avait été mandaté pour effectuer cette tâche… ». Voulez-vous bien me dire comment un trappeur « professionnel » a pu être aussi inconscient pour installer des pièges à un tel endroit ? Comment un trappeur expérimenté ne s’est-il pas étonné de l’absence de clôtures ceinturant les lieux ? Et pourtant… le président de l’Association des trappeurs Montérégie-Montréal-Laval a minimisé les dégâts, tout en concédant qu’« un enfant aurait pu s’y blesser mais pas se tuer »… Ma chienne était assez costaude merci et elle a bel et bien crevé. (Au cours de cet échange téléphonique le 10 nov., j’ai renseigné mon interlocuteur sur l’endroit où se trouvent les huttes à castors –derrière la Chambre immobilière, chemin du Golf…). En outre, selon un fonctionnaire du MRNF, ces pièges s’installent parfois sous l’eau : cette simple mesure de précaution aurait pu éviter l’accident vu que les pièges étaient sur la terre ferme camouflés dans les hautes herbes. Par ailleurs, Verdun avait le choix entre trois solutions : 1. les pièges; 2. les cages pour capture et euthanasie; 3. les cages pour capture et relocalisation. Car selon le MRNF en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, il n’existe pas de règlement interdisant la relocalisation des castors. Nature-Action a opté pour le piégeage, plus rapide, plus facile –en cette saison où les castors sont hyperactifs et où le temps presse. C’est donc monsieur le président des trappeurs lui-même qui a décidé du nombre de pièges et des emplacements. Mais personne ne l’a-t-il donc branché sur les milieux urbains à défaut de lui donner une tête sur les épaules ?

Enfin, si seulement tous les chiens étaient en laisse… Eh bien, sachez, m. Vigneault, que même avec une laisse rétractable, ma chienne aurait facilement atteint la berge et ses pièges maudits.

Marie-Julie Leduc, maîtresse de Gamine

c.c. Marc Touchette, ainsi que 20 autres propriétaires de chiens du quartier;

Francine Morin, relationniste à l’arrondissement;

Nature-Action Québec; David Gentile, journaliste à la SRC;

la FTGQ (Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec).

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