geneviève bich en compagnie de Jacques Hendlisz, directeur général de l'Institut Douglas.
geneviève bich. Petit g, petit b.
Portrait d’une femme hors de l’ordinaire
Détrompez-vous. Malgré que geneviève bich soit un visage méconnu à Verdun où elle s’implique discrètement au sein du conseil d’administration de la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, elle est loin d’être effacée. Fonceuse, brillante, originale et humaine. Portrait d’une vice-présidente hors de l’ordinaire.
geneviève bich a débuté sa carrière comme étudiante en droit chez Bell pour ensuite se hisser à la vice-présidence de ce géant des télécommunications pendant près d’une décennie. Jusqu’au récent changement de garde chez Bell, elle était la conseillère stratégique de Michael Sabia, l’ancien président et chef de la direction.
Avec sa crinière orangée, ses tailleurs haute couture mixés avec une veste de denim, geneviève bich détonne partout où elle va. Particulièrement dans les hautes sphères de Bell, endroit de prédilection du traditionnel veston-cravate.
Cette femme d’influence hyper flyée est consciente de sa différence et s’assume pleinement. «Je suis un esprit libre qui a travaillé très fort pour se faire reconnaître. Plus jeune, je devais gagner à coup d’argumentation intellectuelle pour me faire valoir», explique-t-elle.
Aujourd’hui plus expérimentée, elle réalise qu’il est préférable d’exercer son influence en comprenant ce qui est important pour ceux qu’elle désire convaincre. «Je me considère maintenant au milieu d’un cercle concentrique dans lequel les gens de talent qui m’entourent peuvent exprimer librement leur créativité.» Leader de grande renommée, sa compétence est maintenant clairement reconnue.
Mouvement de mini-révolte
À 13 ans, par souci de conformité avec ses copains, elle décide de modifier l’esthétisme de son nom en l’écrivant uniquement en minuscules. geneviève bich. Petit g, petit b.
Mais, ce désir de suivre le troupeau s’est rapidement modifié en mouvement de mini-révolte. «Lorsque les autres ont cessé, j’ai décidé de continuer. Pour cet entêtement, j’ai systématiquement perdu deux points dans chacune de mes matières scolaires, jusqu’en cinquième secondaire.»
Cette confrontation forge sa personnalité. À partir de ce moment, elle sait qu’elle se distinguera par son originalité. «J’ai su que j’avais gagné le jour où des inconnus ont commencé à écrire mon nom en minuscules. La curiosité des gens ainsi piquée, ils sont prêts à m’accorder leur attention.» Son nom est maintenant sa marque de commerce, sa carte de visite. Décidée, elle l’écrira de cette façon jusqu’à la fin de ses jours.
L’importance des mentors et d’un réseau robuste
Une part de son succès provient de son habileté à identifier et à saisir les opportunités et à prendre des risques calculés. Et, surtout, à ne pas lâcher lorsque des embûches surviennent.
Elle mène son plus grand combat lorsqu’elle présente sa candidature pour un poste de directeur des relations de travail à Toronto. «La personne qui embauchait avait peur de me choisir. Elle craignait de se faire reprocher son choix d’embaucher une jeune femme francophone.»
Déçue, elle décide de consulter ses mentors et de le confronter. Après plusieurs tergiversations, elle décroche finalement le poste et déménage sur un chapeau de roue à Toronto. «Du jour au lendemain, j’ai quitté tout mon réseau pour combler ma soif d’apprendre.»
Cet épisode difficile lui permet de prendre conscience de l’importance des mentors. «Aux moments charnières de ma vie professionnelle, j’ai eu des gens clés qui m’ont entourée pour me conseiller et me donner le soutien dont j’avais besoin.»
L’étoffe d’une grande leader
Femme de tête et de défis, geneviève bich ne se laisse pas freiner et poursuit son ascension. Reconnue pour son bon jugement et pour fournir un point de vue franc, son leadership est vivement recherché.
Au bout d’un an, elle retourne à Montréal retrouver ses racines. Peu de temps après, elle décroche le prestigieux poste de vice-présidente et chef du service juridique. Elle n’a que 33 ans.
Promotion après promotion, elle devient vice-présidente relations du travail et ressources humaines. C’est un exploit au Canada pour une femme. Une première chez Bell.
Elle poursuit sur sa lancée et ne cesse de se démarquer. Elle atteint rapidement les sommets et devient vice-présidente au bureau du chef de la direction, Michael Sabia. Une star orangée arrive au firmament.
La conciliation travail-famille
Alors qu’elle occupe un poste hautement stratégique, elle décide d’entamer une nouvelle carrière, celle de maman. Déjà aux aurores de la quarantaine, elle donne naissance à dix-sept mois d’intervalle à deux magnifiques filles, Aude-Gabrielle et McKinley.
Malgré des fonctions fort exigeantes, elle réussit à trouver un certain équilibre. Pour moi, la conciliation travail-famille est personnelle et se modifie durant les étapes de la vie. J’ai choisi d’avoir une plus petite maison, afin d’être située à dix minutes à pieds de mon bureau.»
Heureusement, tout moment de la journée lui convient pour travailler et elle peut donc s’adapter facilement. «J’ai la chance de pouvoir me brancher virtuellement de la maison le soir lorsqu’elles sont couchées. Je peux ainsi les voir grandir.»
Elle n’hésite pas non plus à amener ses filles au travail lorsque nécessaire. En entrant dans son bureau, on constate d’ailleurs des vestiges de leur passage : un petit divan d’enfants aux images de Mickey Mouse jonche le sol de son immense bureau qui surplombe le centre-ville. «Je suis heureuse de voir que ce divan pique tant la curiosité des gens, car cela facilite la discussion.»
Une femme engagée auprès de la communauté
Généreuse de son temps et de son expertise, geneviève bich s’engage auprès de nombreux organismes communautaires, dont le Y des femmes, le centre de la petite enfance 1250 inc. et la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas située à Verdun.
Elle tient particulièrement à cœur son engagement auprès de cette Fondation, car elle entretient avec eux une relation spéciale de longue date. «Lorsque j’étudiais en psychologie, l’Hôpital Douglas m’a donné ma première chance. Ils m’ont permis d’y faire un stage de six mois, en plus de m’engager par la suite. J’ai appris énormément de cette expérience et, 20 ans plus tard, je suis heureuse de pouvoir redonner à l’Hôpital Douglas après avoir autant reçu d’eux.»
Croyant fermement au principe de «payer au suivant», elle décide d’aider la Fondation à amasser des dons pour améliorer les soins offerts aux patients, démystifier la maladie mentale auprès de la population et favoriser la recherche. «C’est épatant de voir la différence que cet argent peut apporter dans la vie des gens.»
Si vous désirez assister l’Hôpital Douglas dans sa mission, vous pouvez faire votre don en ligne sur le site de CanaDon.org ou par téléphone au (514) 761-6131 (poste 2764).
L’auteur de l’article, Amélie Poulin, MBA, est Présidente de la section du Québec de l’Association canadienne des femmes en communications.
Brian Szczepanik
Commentaire mis en ligne le 29 octobre 2008Incroyable l'hypocrisie humaine qui sublime la conscience dans les bonnes oeuvres, après avoir participer à flusher les conditions de travail et la procédure de négociation des techniciens de Bell.