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Le Magazine Ile-des-Soeurs
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Quand les Sœurs ont quitté l’île…

Pierre Vigneault par Pierre Vigneault
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Article mis en ligne le 16 mai 2007 à 19:00
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Quand les Sœurs ont quitté l’île…
Cette photo a été prise le 24 mai 1957. Les six dernières religieuses quittaient définitivement le «Manoir»…
Quand les Sœurs ont quitté l’île…
(PV) Le jeudi 24 mai rappelle une date importante dans la petite histoire du quartier L'Île-des-Sœurs. C’est en ce jour que, cinquante ans plus tôt, les dernières religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal quittaient «leur» île. L’historien Jacques Lacoursière souligne, dans le texte ci-dessous, cette date importante.
Mais qui se rappelle?
Il y a des anniversaires que l’on oublie, des anniversaires qui, pourtant, mériteraient plus qu’un simple souvenir. Qui va se rappeler, jeudi prochain, le 24 mai, qu’il y aura cinquante ans les dernières religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal quittaient l’île qu’elles avaient occupée depuis plusieurs siècles? C’est en effet le 24 mai 1957, que les six dernières Sœurs faisaient leurs adieux à ce lieu qu’elles avaient défriché, cultivé, où elles avaient vécu des moments heureux et aussi, il ne faut pas l’oublier, des moments douloureux, voire même tragiques. Elles ont dû se rappeler les inondations printanières, les nombreux incendies, les décès, mais aussi les joies des retrouvailles, les visites importantes, etc.
Le lendemain de leur départ définitif, la sœur Sainte-Marie-de-la-Crèche écrivait : «Nous fermons la chère maison de l’île Saint-Paul - le Manoir - comme nous le nommions avec un peu de fierté et que les Sœurs habitaient depuis 1790. En fixant solidement les targettes de toutes les fenêtres, en tournant la clef dans la serrure de chaque porte, nous enfermons là combien de souvenirs! Et nos cœurs pleurent plus encore que nos yeux.»

Ce dernier départ avait été précédé de quelques autres, faisant suite à la vente de l’île à des promoteurs immobiliers. Lors de l’accord de vente intervenu, il avait été précisé «de permettre à la venderesse de continuer d’occuper les bâtisses construites sur la dite île sans aucun loyer et ce, jusqu’au 30 mars 1957, et l’acquéreur s’engage à laisser à la venderesse la possession exclusive avec libre droit d’accès aux dites bâtisses comme la venderesse l’entendra.»

Aujourd’hui, il ne reste plus que le toponyme pour rappeler la présence des Sœurs sur l’île. Il y a bien la croix de chemin replacée en juin 2006 mais elle est identique à celles que l’on trouve à plusieurs endroits au Québec. Quand Marguerite Bourgeoys, dûment statufiée, accueillera-t-elle ceux et celles qui pénètrent sur l’île? Quand le manoir sera-t-il reconstruit pour servir de rappel historique? Quand mettra-t-on en valeur les richesses archéologiques du terrain où vivait Jacques Le Ber? Et son manoir à lui? L’Île-des-Sœurs a un passé très riche, il serait important de le mettre plus en valeur.
Jacques Lacoursière, historien et porte-parole de la Maison Saint-Gabriel

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