Le chef libéral Jean Charest joue au jeux vidéo. LA PRESSE CANADIENNE /Paul Chiasson
MONTREAL - Les tractations de l'opposition fédérale en vue de former un gouvernement de coalition à Ottawa ont continué de dominer la campagne électorale provinciale, mardi.
Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont tentent tous trois de récupérer à leur avantage la crise politique à Ottawa. Le premier y voit un signe de la nécessité pour les Québécois de se doter d'un gouvernement majoritaire et stable, la deuxième profite de cette occasion pour placer la souveraineté au coeur de son discours pendant que le troisième y perçoit une preuve du mauvais jugement de Mme Marois.
M. Charest, qui refuse depuis le début de la crise politique à Ottawa de se prononcer sur la coalition libérale-néo-démocrate appuyée par le Bloc québécois, a reproché à la chef péquiste de vouloir Stéphane Dion comme premier ministre du Canada.
"Mme Marois, elle veut avoir Stéphane Dion comme premier ministre du Canada", a lancé le chef libéral, qui rencontrait la presse, après avoir visité une entreprise de jeux vidéos au centre-ville de Montréal.
M. Charest se pose depuis le début de la campagne électorale comme défenseur des intérêts du Québec. Or, lundi, Mme Marois a affirmé qu'en appuyant la coalition, le Bloc québécois avait fait davantage pour les intérêts du Québec M. Charest en cinq années de pouvoir.
Invité à répliquer à Mme Marois, le chef libéral a affirmé avoir beaucoup obtenu pour le Québec, comme une participation à la délégation canadienne à l'UNESCO, l'assurance parentale, une augmentation des transferts fédéraux pour le Québec et la reconnaissance de la nation québécoise.
"Mme Marois nous a confirmé qu'elle est liée au Bloc québécois. Et M. Dumont nous a confirmé qu'il est lié au Parti conservateur. Et moi je ne suis pas lié à aucun parti politique fédéral. Je suis indépendant. Mon parti est indépendant des partis politiques fédéraux. Je défends les intérêts du Québec en bénéficiant de cette totale liberté que j'ai de parler au nom de tous les Québécois, peu importe le parti politique au fédéral, ce qui n'est pas le cas de Mme Marois ni de M. Dumont", s'est exclamé M. Charest.
Mme Marois croit pour sa part que la crise politique à Ottawa démontre que le pays ne fonctionne pas et qu'il faut en sortir.
"On voit bien que ce pays-là, il ne fonctionne pas, cette fédération-là, elle nie la réalité du Québec. (...) La seule solution, c'est de sortir de là, c'est de choisir notre souveraineté", a-t-elle lancé à Lebel-sur-Quévillon, dans le nord-ouest du Québec.
"On a la possibilité d'élire un gouvernement qui va ranimer la flamme souverainiste pour sortir de ce pays-là qui va contre nos intérêts", a-t-elle ajouté.
Mme Marois a aussi signalé que les réactions négatives émanant du reste du Canada relativement à l'association du Nouveau Parti démocratique et du Parti libéral avec "des séparatistes" du Bloc québécois vont aussi faire réfléchir les Québécois sur leur avenir.
"Les réactions d'ailleurs au Canada sont en train de faire la démonstration que dans le fond, on n'a pas beaucoup de respect pour le Québec et qu'on ne veut pas nous reconnaître comme nation", a-t-elle laissé tomber.
De passage à Terrebonne, M. Dumont, a dit que la chef péquiste fait preuve d'un "manque de jugement" pire que son prédécesseur André Boisclair en appuyant l'adhésion du Bloc québécois au projet de gouvernement de coalition libéral-néo-démocrate à Ottawa.
Ceux qui trouvaient que M. Boisclair manquait de jugement "doivent s'ennuyer de lui aujourd'hui", car l'entente sur le gouvernement de coalition porte la signature de la chef du PQ, a dénoncé le dirigeant adéquiste.
Puis dans un point de presse en début d'après-midi, après un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Dumont a répété que le premier ministre Stephen Harper avait fait une gaffe, que seul le Bloc pouvait corriger la situation et exercer pour la première fois son "vrai pouvoir", mais que Mme Marois et le chef bloquiste Gilles Duceppe avaient commis une plus grosse bourde encore en entérinant l'éventuelle coalition.
"Elle a applaudi au couronnement de Stéphane Dion par le Bloc québécois; elle a été consultée; elle a encouragé ça. (...) (André Boisclair) n'a jamais fait une gaffe aussi grande que celle que Pauline Marois vient de faire" en ce qui a trait aux intérêts supérieurs du Québec, a-t-il poursuivi.
M. Dumont est par ailleurs revenu sur le dossier de la Caisse de dépôt et placement, illustrant ce que les pertes de la Caisse signifient pour le Québécois moyen.
Selon lui, un salarié gagnant 50 000 $ par année a perdu environ 791 $, avec les pertes conjuguées du Régime des rentes, de la Société de l'assurance automobile et de l'assurance parentale, entre autres.
La caravane électorale de Mme Marois a fait escale en Abitibi pour une deuxième fois depuis le début de la campagne. A Lebel-sur-Quevillon, la chef péquiste a rencontré les élus municipaux et les travailleurs en lock-out de l'usine Domtar.
Elle a profité de l'occasion pour accuser M. Charest d'avoir abandonné les régions.
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Marcel Leroux
Commentaire mis en ligne le 3 décembre 2008Hélas le gouvernement acytuel a choisi de refuser la nouvelle situation . Les déclarations assasines d’action anticonstitutionnelle se font a répétition. En diabolisant les bloquistes comme séparatistes , plusieurs commentaires ne font que renforcir de vieux préjugés contre les francophones du pays . Oui le block souhaite la souveraineté du Québec , mais cela n’a rien a voir avec l’entente de soutien pour une période de 18 mois que ce parti offre a la coalition NPD Libéral qui leurs permettraient de former le prochain gouvernement . Cela en échange d’investissement dans des secteurs économiques qui souffrent depuis un certain temps de la crise économique . Cette aide est d’ailleur autant requise en Ontario et au Nouveau Brunswick afin d’aider leurs populations .Soit le Block agit tres bien pour les intérets locaux en supportant la coalition . Le gouvernement fédéraliste du Québec diriger par un premier ministre anciennement conservateur ne s’est pas opposer a l’action du Block sauf lors d’un commentaire sur la chefferie de la coalition (ce dont le block ne fait pas partie ).