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Canadiens et talibans se battent aussi sur le terrain de l'information

Presse Canadienne Article mis en ligne le 29 octobre 2008 à 0:00
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KANDAHAR, Afghanistan - La lutte contre les talibans se mène aussi sur le terrain de l'information ou de la propagande en Afghanistan.
Toutes les forces en présence, talibans d'un côté, Canadiens de l'autre, déploient de plus en plus de ressources pour gagner les coeurs et la confiance de la population locale.
Pour les journalistes afghans, c'est devenu une routine: dès qu'un attentat est commis, qu'une bombe explose, ils reçoivent un message texte ou un coup de téléphone de l'agent d'information taliban local. Les talibans vont même téléphoner au présentateur radio en ondes, soutient Khan Mohammed Khadim, du groupe de stations Killid, à Kandahar. Ils sont beaucoup plus rapides que les agents d'information de la Force internationale d'assistance à la sécurité, dit-il.
Les insurgés exploitent "tout l'éventail des médias", selon un rapport rendu public l'été dernier par l'International Crisis Group, un groupe multinational d'experts respectés. Ils ont un site Internet, un magazine, qui diffusent des informations sur leur mouvement. Ils transmettent des vidéos directement aux téléphones cellulaires. Les reporters locaux ont les numéros de téléphone de "contacts" talibans sur lesquels ils peuvent compter pour obtenir des réactions rapides.
Les talibans ont aussi réussi à "infiltrer" la culture populaire, diffusant DVD et cassettes de conférences, ou de chansons et poèmes traditionnels détournés pour faire passer leur message.
Le major Geoff Davis, qui est chargé des opérations d'information canadiennes à Kandahar, affirme que les forces canadiennes investissent elles aussi de plus en plus de ressources dans l'information et que les équipes d'opérations psychologiques accentuent leurs efforts.
Les Canadiens répliquent par un vieux classique: les faits. Selon le major Davis, les Afghans ont l'habitude de la propagande et se méfient. Les Canadiens s'assurent de ne diffuser que des informations factuelles.
Ils s'efforcent de travailler plus étroitement avec les médias de Kandahar - journaux, stations de radio et de télévision. Des représentants de médias locaux sont invités à la base militaire de Kandahar pour discuter avec les officiers canadiens.
Les Canadiens achètent également du temps d'antenne auprès de tous les médias locaux. Le Canada anime même une station de radio en langue pachtoune, qui diffuse de la musique locale et des tribunes libres 24 heures sur 24.
Sur le terrain, les soldats mobilisés pour les opérations sont accompagnés d'équipes d'opérations psychologiques, qui informent les commandants sur les particularités culturelles locales.
Les résultats sont jugés encourageants. Selon le major Jay Janzen, qui analyse les dépêches diffusées dans les médias locaux, environ la moitié d'entre elles sont positives pour les forces de l'OTAN et les forces afghanes, et environ le tiers sont négatives.
Mais on ignore leur impact sur l'attitude des Afghans. D'après une enquête nationale dévoilée cette semaine, 38 pour cent de la population estime que le pays va dans la bonne direction. En 2006, 44 pour cent des gens étaient de cet avis. Environ 32 pour cent des gens estiment que l'Afghanistan emprunte la mauvaise direction. Dans le sud-ouest, qui englobe Kandahar, seulement 25 pour cent de la population est d'avis que les choses vont bien. Le sondage n'évaluait pas l'attitude envers les forces occidentales.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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