WINNIPEG - Les militants conservateurs du Québec aimeraient convaincre les hautes instances de leur parti d'autoriser la création d'une aile québécoise relativement autonome, qui saurait comment s'adresser aux électeurs de la Belle province.
Les ministres Jean-Pierre Blackburn et Lawrence Cannon se sont tous deux prononcés vendredi en faveur de cette initiative, qui a fait l'objet de discussions en coulisses pendant le congrès d'orientation politique qui s'est ouvert jeudi soir à Winnipeg.
De l'avis de M. Cannon, cela serait d'autant plus utile que le Québec n'abrite pas de parti conservateur provincial. Il croit qu'il est temps de faire évoluer les structures de la formation née en 2003 de la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste conservateur.
"Je pense qu'il y a beaucoup de mérite à cet argumentaire-là", a confié M. Cannon, qui était jusqu'à tout récemment lieutenant de Stephen Harper au Québec.
Même son de cloche de la part de son collègue Jean-Pierre Blackburn, qui a récemment hérité du ministère du Revenu. M. Blackburn affirme que bon nombre de conservateurs réfléchissent actuellement à la meilleure manière d'enraciner le Parti conservateur dans la province.
"Objectivement, je souhaiterais que l'on puisse exploiter davantage cette différence que l'on a au Québec. Vous savez, copier-coller d'un bout à l'autre du Canada, ça ne fonctionne pas tout le temps", a-t-il déclaré.
Ce n'est pas la première fois que cette idée fait suface. Lawrence Cannon a confié que des représentations en ce sens avaient été faites à plusieurs reprises au cours des dernières années, mais jusqu'à maintenant le projet a toujours été rejeté par le Conseil national du parti.
Les résultats décevants de l'équipe de M. Harper à la dernière élection fédérale pourrait faire pencher la balance cette fois-ci. La formation n'a réussi à faire élire que 10 députés, soit un de moins qu'en 2006.
Selon plusieurs observateurs et militants, cet échec est le résultat de l'incapacité des dirigeants du parti à comprendre les électeurs québécois.
Le nouveau bras droit de M. Harper dans la province, Christian Paradis, s'est montré ouvert à la proposition, qui a fait l'objet de discussions le week-end dernier.
"C'est sûr que toutes les options seront à considérer", a-t-il reconnu cette semaine. "J'ai toujours été clair: ce n'est pas compliqué, je veux que les choses marchent au Québec avec le Parti conservateur.
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