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Les militants conservateurs réunis en congrès prennent un virage à droite

Presse Canadienne Article mis en ligne le 15 novembre 2008 à 1:00
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Les militants conservateurs réunis en congrès prennent un virage à droite
Les militants conservateurs réunis en congrès à Winnipeg ont pris un virage à droite et adopté samedi une série de résolutions controversées dont l'une qui ouvre la porte à une reconnaissance des droits du foetus et deux autres qui prônent un durcissement des peines pour les criminels récidivistes ou considérés comme dangereux. LA PRESSE CANADIENNE/John Woods
WINNIPEG - Les militants conservateurs réunis en congrès à Winnipeg ont pris un virage à droite et adopté samedi une série de résolutions controversées dont l'une qui ouvre la porte à une reconnaissance des droits du foetus et deux autres qui prônent un durcissement des peines pour les criminels récidivistes ou considérés comme dangereux.
Le gouvernement n'est pas lié par ces propositions, mais elles constituent néanmoins un message clair pour les dirigeants d'une formation qui a remporté les deux derniers scrutins en courtisant les électeurs du centre.
La proposition sur "les victimes non nées d'actes criminels" s'inspirait largement d'un projet de loi privé déposé le printemps dernier par le député Ken Epp et qui a fait couler beaucoup d'encre au Québec. Le document, qui est mort au feuilleton, proposait de considérer le foetus comme une victime à part entière en cas d'agression contre sa mère.
Cette résolution présentée par des militants de la Saskatchewan a donné lieu à un débat court, mais enflammé lors de l'assemblée plénière de samedi. Une femme qui craignait que le projet soit considéré comme un premier pas vers une criminalisation de l'avortement a même été copieusement huée par la foule de quelque 2000 personnes.
En bout de ligne, le texte a néanmoins été adopté par 58 pour cent des délégués. Le résultat au Québec a cependant été très différent. Moins de dix représentants de la province se sont prononcés en faveur du projet. La seule autre région du pays à avoir rejeté l'idée est la Nouvelle-Ecosse.
Les représentants du Québec étaient philosphes, à l'issue du vote. La députée de Limoilou, Sylvie Boucher, s'est prononcée contre l'idée. "Pour moi c'était important en tant que femme de voter selon ma conscience", a-t-elle expliqué. Elle ne craint toutefois pas que la question revienne hanter le gouvernement.
Même son de cloche chez le militant Jean Lambert, qui représente la circonscription de Shefford. "C'est un vote qui a été démocratique, mais le premier ministre a été très, très, très clair pendant la campagne électorale: cette proposition-là d'aucune façon ne sera détournée pour qu'elle devienne une façon de rouvrir le débat sur l'avortement. C'est une question qui est close", a-t-il fait valoir.
Le ministre de la Justice Rob Nicholson a en effet bien pris soin de répéter que ses collègues et lui n'avaient nullement l'intention de revenir sur cette question qui hante les conservateurs depuis des décennies.
Il a toutefois admis qu'il avait voté en faveur de la résolution et indiqué qu'il entendait déposer un projet de loi pour mieux protéger les femmes enceintes au cours de la session parlementaire qui commence mardi. On s'attend à ce que le ministre propose un amendement au Code criminel pour faire de la mort ou de la mutilation d'un foetus un facteur aggravant en cas d'agression.
Une autre proposition adoptée samedi suggère d'octroyer le statut de contrevenant dangereux et de condamner à la prison à vie "tout individu reconnu coupable d'une troisième infraction violente grave, d'une infraction liée au crime organisé, d'un acte de terrorisme ou d'une infraction grave impliquant le trafic de drogue".
Les militants ont aussi voté majoritairement en faveur d'une résolution qui empêcherait la possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans aux personnes condamnées à perpétuité.
Finalement, une autre proposition suggère au gouvernement de prendre des mesures décisives pour lutter contre le trafic de personnes. Fait à noter, cette dernière a été adoptée à l'unanimité.
Pour les observateurs du Bloc québécois et du Parti libéral, le résultat des votes de samedi illustrent l'écart idéologique entre les conservateurs de l'Est, incluant le Québec, et ceux de l'Ouest, en grande partie issus de l'Alliance canadienne. "Ca veut dire que le secteur réformiste du parti est en bonne santé", a déclaré la députée du PLC dans Notre-Dame-de-Grâce, Marlene Jennings.
Les militants avaient à se prononcer sur quelque 300 résolutions émanant de toutes les associations de circonscription du pays. L'essentiel des débats ont eu lieu à huis clos vendredi. Seulement une quarantaine d'entre eux ont fait l'objet de discussions en public et en présence des médias.
En plus de la justice, les militants ont abordé une grande variété de thèmes allant de la protection de l'environnement, à la privatisation des soins de santé, de la réglementation des valeurs mobilières au droit de grève et de l'agriculture à la fiscalité des familles.
Le chef Stephen Harper n'a assisté ni aux ateliers ni à la plénière du week-end, puisqu'il était à Washington avec les autres leaders du G20 pour une réunion spéciale sur la crise économique mondiale.
Chose certaine, le chef n'a pas à s'inquiéter pour les finances de son parti. Le congrès du week-end a en effet permis d'apprendre que la dernière campagne électorale n'a pas appauvri le Parti conservateur, dont les coffres sont pleins à craquer grâce à une armée de donateurs.
Le responsable des finances de la formation, Irving Gerstein, a indiqué samedi que le parti avait récolté 14,8 millions $ au cours des neuf premiers mois de 2008, alors que ses rivaux libéraux n'ont obtenu que 3,6 millions $ pour la même période.
Depuis sa création en 2003, le Parti conservateur a remboursé 4 millions $ de dette, en plus de couvrir les frais de trois campagnes électorales et de plusieurs publicités entre les scrutins.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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