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L'opposition doute que le nouveau cabinet change la dynamique aux Communes

Presse Canadienne Article mis en ligne le 30 octobre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Les partis d'opposition doutent que les changements au sein du cabinet de Stephen Harper modifient la dynamique aux Communes, alors que l'instabilité économique rend à leur avis plus nécessaire que jamais la collaboration entre les différents partis.
Après avoir pris connaissance du nouveau cabinet du premier ministre, jeudi, le chef bloquiste Gilles Duceppe s'est demandé si ces changements feraient une différence dans le quotidien du Parlement où s'ils ne seraient que cosmétiques.
"Ca prend un changement de cap concret et majeur et pas seulement un jeu de chaises musicales", a-t-il affirmé.
Selon lui, le chef conservateur devrait "respecter" les choix démocratiques des Québécois, qui ont fait élire des députés bloquistes presque aux deux tiers, et donc avancer des politiques conformes aux valeurs québécoises, notamment en matière d'économie.
Le député néo-démocrate d'Outremont, Thomas Mulcair, s'interroge à savoir si M. Harper a "appris une leçon d'humilité" puisqu'il n'a pas été en mesure d'obtenir un gouvernement majoritaire.
Selon lui, M. Harper agit comme si les conservateurs avaient obtenu une majorité de sièges aux Communes, en n'accordant pas suffisamment d'importance aux partis d'opposition. Il donne en exemple le fait que son chef, Jack Layton, n'ait toujours pas été contacté par le bureau de M. Harper en vue du discours du Trône prévu le 19 novembre.
"De toute évidence, (M. Harper) n'a pas compris toutes les leçons de la dernière élection", a-t-il indiqué. Il croit que la question est de savoir s'il continuera à "museler" ses ministres ou s'il leur permettra de s'exprimer pleinement.
Le député libéral John McCallum a de son côté critiqué la décision de M. Harper de conserver son ministre des Finances, Jim Flaherty, en poste.
Il trouve ce choix injustifié, entre autres en raison de la volte-face de M. Flaherty sur le déficit. Le ministre des Finances a répété durant la campagne électorale qu'il conserverait un budget équilibré en dépit des soubresauts de l'économie, mais il a ouvert cette semaine la porte à l'éventualité d'un déficit.
S'il convient qu'une stabilité à ce ministère est importante en période de ralentissement économique, M. McCallum croit que ce ministre doit d'abord être un bon gestionnaire de l'économie.
"Ce n'est pas une bonne idée de garder la même personne si cette personne n'est pas compétente", a-t-il fait valoir.
Ministres du Québec
La place qu'occupe le Québec dans le cabinet de M. Harper est décriée par l'ensemble des partis d'opposition.
Cinq Québécois se sont vus offrir un ministère, mais deux ont été rétrogradés, soit Jean-Pierre Blackburn, qui passe de ministre du Travail à ministre du Revenu national, et Josée Verner, qui hérite des Affaires intergouvernementales après avoir été en charge du Patrimoine.
Peu de ministres québécois occupent par ailleurs des postes clés en lien avec l'économie.
"Le Québec a mal fait aujourd'hui, surtout en terme de postes économiques. Etant donné que le sujet central sera l'économie (cet automne), ça pourrait avoir des effets négatifs pour le Québec", a insisté M. McCallum.
M. Duceppe, lui, s'interroge sur la qualité des ministres issus du Québec.
"Ce n'était pas fort, ce ne l'est pas plus", a-t-il lancé.
"Les "démotions" de M. Blackburn et de Mme Verner sont un jugement assez clair, je pense, sur la façon dont ils ont assumé leurs responsabilités", a conclu le chef du Bloc québécois.
Mais M. Mulcair va encore plus loin en soutenant que ces deux ministres auraient carrément dû être écartés du cabinet.
Il est d'avis que Mme Verner a "démontré son incompétence lorsqu'elle était responsable de la culture" et que M. Blackburn a "démontré une insensibilité complète à l'égard du Québec et des réalités de développement économique régionales".
Les trois partis saluent d'une même voix la place plus prépondérante des femmes dans le cabinet, alors que 11 des 37 ministres désignés par M. Harper jeudi sont des femmes.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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