MONTREAL - La pénurie des pharmaciens oeuvrant dans les établissements du réseau public est telle que les traitements en oncologie ont dû être interrompus pendant une semaine l'été dernier dans un établissement, le pharmacien en place devait prendre des vacances et n'avait trouvé personne pour le remplacer.
"La situation de pénurie actuelle fait en sorte qu'on doit faire des choix. Les pharmaciens doivent établir des priorités dans le réseau de la santé parce qu'ils ne sont plus en mesure d'offrir tous les soins qu'ils devraient donner", a fait valoir, jeudi, en conférence de presse, la directrice générale de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), Linda Vaillant. Celle-ci qualifie de critique la situation causée par le nombre insuffisant de pharmaciens qui choisissent de travailler dans le secteur public.
Ils sont 1250 pharmaciens qui gagnent quelque 20 000 $ de moins (soit 62 000 $) que ceux du privé, à la sortie de l'université. Et cela, même s'ils ont étudié deux ans de plus. L'APES estime que l'écart doit être comblé pour attirer davantage de pharmaciens dans les établissements publics, où il en manquerait environ 200.
L'Association a fait des représentations à ce sujet auprès du ministère de la Santé, mais les discussions sont au point mort ce qui a convaincu 400 pharmaciens présents mercredi à une assemblée spéciale, à Drummondville, à voter en faveur du déclenchement de moyens de pression dans une proportion de 98,7 pour cent.
Ainsi, les pharmaciens ne siègeront plus aux divers comités mis en place par le ministère de la Santé. Le temps dégagé leur permettra de faire diminuer le nombre d'heures supplémentaires, a fait valoir Mme Vaillant.
De plus, ils pourraient bientôt cesser de superviser les stages des 340 étudiants en pharmacie qui se destinent à la pratique privée. Ils se limiteraient à surveiller les stages de ceux qui se destinent à la pratique en milieu hospitalier.
La rareté des pharmaciens du public se fait également sentir dans les urgences, a signalé la porte-parole de l'APES.
"La plupart des patients qui reviennent souvent en salle d'urgence ont des problématiques reliées aux médicaments. Dans un guide du ministère de la Santé, on dit que les pharmaciens devraient y être présents pour collaborer avec les médecins afin de trouver le problème. A cause du manque de pharmaciens, on a dû se retirer."
Le nombre de salles d'urgence sans pharmacien serait ainsi passé de 40 pour cent à 70 pour cent.
La surveillance moindre de l'usage des antibiotiques constitue également un irritant pour les pharmaciens qui ne savent que trop que leur utilisation est reliée à des éclosions de clostridium.
"Les problèmes de résistance aux antibiotiques sont liés à l'absence de pharmaciens hospitaliers qui déterminent quand on cesse les antibiotiques, lesquels on choisit pour éviter qu'il y ait des résistances aux médicaments. Ce sont des activités desquelles on a dû se retirer, on a des choix à faire", a-t-elle dit.
Finalement, les pharmaciens craignent d'être forcés un moment donné, parce qu'en nombre suffisant, de devoir cesser les activités reliées aux soins en oncologie. "C'est une situation qu'on craint pour les années à venir. Les pharmaciens sont préoccupés et ne veulent surtout pas couper ces activités. Ils sont prêts à faire du temps supplémentaire pour les assurer."
"Si d'ici cinq ans, il ne se passe rien et qu'on est rendu à 600 pharmaciens, on va devoir couper ces activités. C'est impensable de dire à un patient: "Désolé, revenez la semaine prochaine. Il n'y pas de pharmacien disponible", a-t-elle renchéri.
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Taupier, Yolande
Commentaire mis en ligne le 30 octobre 2008Nos impôts servent à payer quoi? Où va notre argent?
Pas de médecins de famille!
Pas de pharmaciens?
Hôpitaux avec maladies nosocomiales!
EAU POTABLE douteuse!
Nappes d'eaux phréatiques contaminées!
l08 lacs pollués au QUÉBEC
On veut des ÉLECTIONS pour quoi faire?
Nos POLITICIENS se pognent le beigne?
FAUT ÊTRE FAITS FORTS POUR SURVIVRE À CE RYTHME LÀ?