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Un regroupement tente de créer un consensus sur le régime forestier

Presse Canadienne Article mis en ligne le 30 octobre 2008 à 0:00
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QUEBEC - Un regroupement préoccupé par le maintien des coûts du bois à un prix abordable cherche à créer un consensus autour de la réforme de l'exploitation des forêts publiques, une démarche perçue comme un retour en arrière par les écologistes.
Alors qu'une commission parlementaire examine les modifications à apporter au régime forestier québécois, des syndicats, des industriels, des pourvoiries et des municipalités, entre autres, ont dit craindre que plusieurs changements mis de l'avant par le gouvernement Charest fassent augmenter le prix du bois.
Un document qu'ils ont présenté lors d'une conférence de presse, jeudi, témoigne de leurs préoccupations quant aux projets du gouvernement d'abolir les contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) et de soumettre les entreprises aux prix du marché pour l'achat de matière ligneuse.
A cet égard, les partenaires jugent qu'il est essentiel de maintenir des garanties d'approvisionnement en bois pour les usines. Ils s'inquiètent aussi de la hausse de coûts qui pourrait résulter de la vente aux enchères de matière ligneuse qui n'est pas utilisée.
Jean Roy, président du Conseil de l'industrie forestière, a toutefois assuré que les propositions du regroupement dont il fait partie ne sont pas éloignées de celles du gouvernement.
"On est prêt à remettre sur le marché libre une partie des CAAF existants, ça c'est une facette importante, au niveau des approvisionnements, a-t-il dit. On croit nous aussi que la planification forestière doit être faite par le milieu, parce que ces gens-là ont des besoins ou des attentes, au niveau faunique et récréatif et ils n'ont pas tellement leur mot à dire dans le mode de planification actuels."
Il a cependant fait valoir que des économies de coût sont possibles grâce à une meilleure planification forestière et une simplification administrative.
Un redécoupage du territoire forestier devrait aussi réduire les coûts de transport, a-t-il dit.
La responsable de la campagne forêt de Greenpeace, Mélissa Filion, a déploré que le consensus mis de l'avant par le regroupement ne tienne pas compte des préoccupations des écologistes.
Selon Mme Filion, l'industrie continue d'avoir une perspective uniquement économique, ce qui constitue un "recul".
"S'ils sont prêts à accepter l'abolition des CAAF, ils veulent pour le moins avoir plein de concessions en échange, comme par exemple le financement des chemins forestiers par les contribuables, et avoir des garanties d'approvisionnement", a-t-elle dit après avoir assisté à la conférence de presse.
Après avoir déposé un livre vert sur la forêt, en février, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a fait marche arrière concernant un projet de loi visant à réformer le régime forestier.
Il souhaitait notamment remplacer les CAAF en offrant en échange un droit d'achat aux entreprises et en confiant les travaux d'aménagement sylvicole aux milieux régionaux.
Il a par la suite indiqué qu'il s'agissait d'un point de départ aux discussions.
Une commission parlementaire examine actuellement le dossier.
Jeudi, le regroupement, composé notamment de la Fédération des travailleurs du Québec, de l'Union des municipalités et de la Fédération québécoise des coopératives forestières, a aussi proposé de créer un fonds d'investissement consacré à l'intensification de l'aménagement forestier et au développement des autres secteurs dans le but de doubler la valeur des produits issus de la forêt.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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