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Ottawa redouble d'efforts pour éviter l'exécution des frères Kohail en Arabie

Presse Canadienne Article mis en ligne le 21 novembre 2008 à 1:00
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OTTAWA - Le gouvernement fédéral a récemment accentué ses manoeuvres diplomatiques pour empêcher l'exécution de deux jeunes Montréalais, les frères Mohamed et Sultan Kohail, trouvés responsables de la mort d'un homme en Arabie saoudite.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué plus tôt cette semaine que des fonctionnaires canadiens avaient abordé la question avec les diplomates saoudiens à Ottawa, il y a une dizaine de jours, et qu'une note diplomatique avait été envoyée aux autorités du royaume wahhabite.
M. Cannon prévoit d'autre part s'entretenir de ce sujet avec son homologue saoudien à son retour du Pérou, où il participe ces jours-ci à la réunion des pays membres de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC). "Le Canada a et continuera de prendre tous les moyens à sa disposition pour assister Sultan et Mohamed Kohail", a-t-il insisté.
Son secrétaire parlementaire, Deepak Obhrai, a précisé que tous les échelons de la bureaucratie et du pouvoir politique étaient impliqués dans cette affaire, "des responsables consulaires aux conseillers et jusqu'au ministre". "Nous sommes très engagés dans ce dossier", a-t-il confié, vendredi, à l'issue de la période des questions.
M. Obhrai a rappelé que le processus judiciaire suivait son cours en Arabie saoudite, qu'aucune date d'exécution n'avait été fixée et que les jeux n'étaient donc pas faits pour les deux frères, qui ont passé une partie de leur adolescence à Brossard, en banlieue de Montréal.
Mohamed Kohail, 23 ans, est emprisonné en Arabie saoudite depuis le printemps 2007 pour son rôle dans le décès d'un adolescent qui s'en était pris à son frère dans une cour d'école, à Jeddah. Il a été condamné à mort au terme de son procès et doit être décapité.
Son dernier appel a été rejeté au début du mois de novembre. Ses seuls espoirs reposent désormais sur la Cour suprême d'Arabie saoudite ou sur la grâce du roi saoudien.
Sultan Kohail, 17 ans, a pour sa part été condamné à un an d'emprisonnement et à 200 coups de fouet. Il doit toutefois subir un nouveau procès et risque la peine de mort, lui aussi.
Les deux jeunes d'origine palestinienne ont la citoyenneté canadienne depuis 2005. Ils bénéficient de l'appui de plusieurs politiciens canadiens, dont le député libéral ontarien Dan McTeague, qui a proposé de se rendre en Arabie saoudite à ses frais pour tenter de leur porter secours.
Jusqu'à l'an dernier, le gouvernement canadien avait l'habitude de toujours demander la clémence pour ses ressortissants condamnés à mort à l'étranger.
Les conservateurs ont toutefois laissé savoir le printemps dernier qu'ils n'entendaient plus intervenir dans le cas de Canadiens trouvés coupables au terme d'un procès équitable dans un Etat de droit.
Cette déclaration qui visait principalement les Etats-Unis a placé le gouvernement fédéral dans une position délicate pour discuter avec l'Arabie saoudite. En demandant la clémence pour les Kohail, Ottawa risque en effet de froisser les dirigeants du royaume.
Ce n'est pas la première fois qu'un Canadien est condamné à mort en Arabie saoudite. Le consultant en marketing William Sampson a lui aussi été condamné à la décapitation, en 2000, pour sa participation alléguée à une série d'attentats. Il a été gracié par le roi, après avoir croupi en prison pendant 32 mois.
M. Sampson a toujours reproché à Ottawa de ne pas avoir fait le nécessaire pour lui venir en aide.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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