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Le PQ doit améliorer son sort pour éviter une autre crise interne

Presse Canadienne Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 1:00
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QUEBEC - A défaut du pouvoir, le Parti québécois devra au moins conquérir l'opposition officielle, lors du prochain scrutin, s'il veut s'éviter une nouvelle crise existentielle qui, cette fois, pourrait bien lui être fatale.
Mais malgré des sondages préoccupants et des moyens limités, le parti de Pauline Marois se battra pour la coupe, rien de moins, au cours des prochaines semaines.
"L'enjeu, c'est le pouvoir", pas l'opposition officielle, tranche la présidente du conseil exécutif du Parti québécois, Monique Richard, en entrevue à La Presse Canadienne.
Le PQ entend bien donner le change au premier ministre Jean Charest, au cours de la campagne électorale, en tentant de démontrer que les libéraux ne sont pas les seuls à être préoccupés par la crise économique en cours.
Le PQ se positionnera comme le parti "qui offre la meilleure alternative pour gérer ce qui s'en vient", explique Mme Richard, en disant qu'on misera sur le fait que le PQ au pouvoir a fait ses preuves dans le passé, particulièrement lors du ralentissement économique du début des années 1980.
Au plan d'action que dévoilera jeudi le premier ministre Charest, Mme Marois répliquera par son propre plan d'action de gestion de la crise.
Mais tout en cherchant à convaincre les électeurs qu'elle est la mieux placée des trois chefs pour minimiser l'impact de la crise, Mme Marois devra du même souffle éviter de s'aliéner les électeurs qui votent PQ pour "bâtir un pays".
Pour espérer devenir le mois prochain la première femme première ministre du Québec ou, à défaut, chef de l'opposition officielle, Mme Marois devra donc alterner entre son discours économique et son discours souverainiste, sans jamais exclure totalement - tout en rendant improbable - la tenue d'un référendum sur le statut du Québec.
On le voit aisément: la chef péquiste devra patiner quotidiennement sur une glace politique aussi mince qu'un bulletin de vote.
Si elle ne trouve pas le ton juste et que le soir du scrutin le PQ ne fait pas une meilleure performance que la dernière fois, on voit mal comment Mme Marois pourrait s'en tirer longtemps sans voir militants et députés affûter leurs couteaux.
A l'Assemblée nationale, les 36 députés péquistes sont confinés au "poulailler", une section que personne ne veut occuper longtemps.
En mars 2007, sous la gouverne d'André Boisclair, le PQ s'est retrouvé au troisième rang des partis en lice, avec seulement 28 pour cent du vote, sa pire performance depuis le début des années 70. En mai, M. Boisclair démissionnait.
Déjà en 2003, alors dirigé par Bernard Landry, le PQ avait été relégué aux banquettes de l'opposition.
Quand, à l'été 2007, elle a été enfin couronnée chef - après deux tentatives ratées - Mme Marois savait qu'elle prenait la barre d'un parti en lambeaux.
En déclenchant une élection 20 mois seulement après la précédente, le premier ministre Charest lui a laissé bien peu de temps pour mettre de l'ordre dans son parti, durement éprouvé depuis cinq ans.
Quelques jours avant le déclenchement probable d'élections générales, il reste encore beaucoup à faire et le parti prend les bouchées doubles.
Par exemple, il doit tenir une trentaine d'assemblées d'investiture dans autant de circonscriptions, dans les jours qui viennent.
Parallèlement, il doit lancer une campagne de financement spéciale pour mener une campagne électorale digne des ligues majeures.
Le PQ n'a d'ailleurs pas encore réussi à éponger sa dette de la dernière campagne, qui dépassait le million de dollars. Il n'a pas réussi non plus à augmenter le nombre de membres, qui ne dépasserait pas 100 000.
Samedi prochain, le 8 novembre, les hautes instances doivent se réunir pour adopter la plateforme électorale du PQ.
Pendant ce temps, sur le terrain, dans les comtés, organisateurs et bénévoles, tant péquistes que bloquistes, sortent à peine de la campagne fédérale, mais devront quand même mettre l'épaule à la roue.
"Malgré la fatigue, les gens sont très déterminés. On ne manque pas de militants", assure Mme Richard, qui sera elle-même candidate dans Marguerite-D'Youville, une circonscription présentement adéquiste.
"On prend tous les moyens possibles", pour arriver à temps à la ligne de départ, dit-elle.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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