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Les libéraux veulent abolir la TVQ sur les produits culturels québécois

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 novembre 2008 à 1:00
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Les libéraux veulent abolir la TVQ sur les produits culturels québécois
Le premier ministre Jean Charest parle aux médias mardi à Longueuil. LA PRESSE CANADIENNE /Peter McCabe
LONGUEUIL - Même en temps de crise, un gouvernement de Jean Charest serait prêt à se priver de 50 millions $ par année, en renonçant à percevoir la TVQ sur les produits culturels québécois.
Le chef libéral, qui a procédé à cette annonce mardi, devant un disquaire de Longueuil, veut ainsi encourager le secteur culturel et stimuler l'économie, en laissant plus d'argent dans la poche des consommateurs.
Ainsi, si les libéraux sont réélus, la taxe québécoise de 7,5 pour cent ne s'appliquerait donc plus sur les CD, DVD, billets de spectacles, de cinéma ou de musée, ainsi qu'aux oeuvres d'art, en autant qu'il s'agisse de produits d'artistes québécois.
"Il faut générer de l'activité économique et créer de l'emploi", a déclaré M. Charest, en conférence de presse, dans un centre commercial situé dans une circonscription péquiste, devant quelques badauds intrigués, qui ont interrompu momentanément leur magasinage des Fêtes.
Par exemple, lors de l'achat d'un album d'un chanteur québécois en vente à 20 $, le rabais de taxe à la caisse atteindrait environ 1,50 $.
Le soutien des libéraux à la culture vise également les artisans du cinéma. On veut faire en sorte d'augmenter le nombre de tournages par année.
Ainsi, l'enveloppe rendue disponible à la SODEC pour financer des films passerait à 33,5 millions $ par an. En 2005, l'organisme n'avait que 13 millions $ à distribuer.
Les cinéphiles pourraient alors voir jusqu'à six films québécois de plus par année sur nos écrans.
De plus, afin d'attirer davantage de tournages étrangers au Québec - qui subit une concurrence féroce d'autres provinces -, les libéraux bonifieraient le crédit d'impôt offert aux producteurs, en le faisant passer de 29 à 35 pour cent.
La journée de mardi aura donc été consacrée aux engagements culturels des libéraux.
Mais qu'il parle de santé, de culture ou de tout autre sujet, M. Charest aime toujours traiter le sujet sous l'angle économique.
"La culture est un moteur économique. Il ne faut pas se gêner de le dire. Il ne faut pas avoir d'inhibition là-dessus. Sur le plan économique, ça rapporte", a-t-il dit, d'où l'importance d'appuyer ce secteur.
Pour ce qui est de l'élimination de la TVQ, il restera cependant à définir ce qu'est un produit culturel québécois et à préciser quel pourcentage minimal de contenu du Québec sera nécessaire pour que le rabais s'applique.
Dans certains cas, cela pourra s'avérer "compliqué" de trancher, a convenu M. Charest.
Imaginons par exemple Céline Dion habitant Las Vegas et enregistrant un album à Los Angeles, avec des techniciens et musiciens américains. Est-ce qu'il s'agirait d'un produit devant être exempté de TVQ, aux yeux de Québec?
Invité à se prononcer sur cette question, M. Charest a répondu par l'affirmative, tout en disant qu'il serait du ressort des fonctionnaires du Revenu de définir les critères de contenu québécois.
"Il y aura des zones où il faudra un certain arbitrage", a nuancé la ministre de la Culture, Christine St-Pierre.
Déjà, depuis 1991, la taxe de vente québécoise ne s'ajoute pas au prix d'un livre. Mais, dans ce cas, l'exemption s'applique, que le volume soit québécois ou non.
La mesure annoncée mardi serait permanente et pourrait s'appliquer rapidement, dès 2009, selon les libéraux.
Selon M. Charest, l'exemption de TVQ sur les produits culturels n'enfreindrait pas les ententes internationales fixant les règles commerciales acceptables.
"La convention sur la diversité culturelle nous protège, nous permet de le faire", selon lui.
Pour la première fois depuis le début de la campagne électorale, M. Charest a été interpellé en matinée par un citoyen mécontent, qui lui a reproché de ne pas avoir tenu ses promesses en santé.
Ce dernier, Gérard Leconte, a lancé à M. Charest qu'il aurait dû démissionner, n'ayant pas tenu sa parole quant à l'élimination des listes d'attente.
Le chef libéral, qui évite en général les bains de foule, a répliqué que les citoyens avaient le privilège de se prononcer sur la performance des gouvernements lors d'élections générales.
Une mesure difficile à appliquer
L'engagement de Jean Charest d'abolir la TVQ sur les produits culturels québécois est une bonne idée, mais sera difficile à mettre en application, affirme-t-on dans le milieu des salles de cinéma.
L'Association des propriétaires de cinémas et cinéparcs du Québec, qui regroupe 80 pour cent des cinémas, trouve tout de même intéressant le principe. "L'idée n'est pas méchante. Oui, c'est une idée qui peut être incitative, mais il faudra définir ce qu'est un produit québécois. Quand on tombe dans les coproductions....", a commenté son président Marcel Venne, en entrevue.
"Il faudrait refaire tous nos systèmes et faire des prix en conséquence. Ca veut dire 10 $ pour un film régulier et 9,30 $ pour un film québécois. Ca fait deux échelles de prix pour l'âge d'or, les enfants, les matinées... Tout se fait en informatique, mais ce n'est pas simple", a-t-il opiné.
A l'Union des artistes, on ne voulait pas émettre de commentaires sur cet engagement du chef libéral avant de voir l'ensemble de ses engagements en matière culturelle.
Le Conseil québécois du commerce de détail tenait une réunion de son conseil d'administration, mardi après-midi. Ses représentants n'ont donc pu être joints.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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