Jean Charest parle aux médias mardi à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
QUEBEC - En multipliant les annonces électorales pour la ville de Québec mardi, Jean Charest a dirigé ses attaques vers Pauline Marois, la qualifiant de "championne toute catégorie de la mauvaise gestion".
Le chef libéral a refusé de commenter la publication le jour même d'un sondage Léger marketing révélant une avance du Parti québécois dans les intentions de vote chez les francophones, mais il a saisi l'occasion pour attaquer durement la chef péquiste.
Prononçant une allocution devant les membres de la Jeune chambre de commerce de Québec, M. Charest a soutenu que le Québec vivait encore les conséquences du "triste bilan" qu'a laissé Mme Marois alors qu'elle occupait des postes clés du précédent gouvernement péquiste.
"Quand Pauline Marois gère, ça coûte cher", s'est moqué le chef libéral, rappelant notamment qu'elle avait laissé un manque à gagner de 2,3 milliards $ dans les finances publiques, lorsque le gouvernement Landry a été défait en 2003.
Puis après avoir appris que Mme Marois avait ouvert la porte à ce qu'un gouvernement péquiste transfert un déficit accumulé à la dette du Québec, comme le stipule le projet de loi 85 du gouvernement libéral, Jean Charest a affirmé qu'elle venait de justifier le déclenchement de l'élection.
"La semaine dernière, elle était contre l'approche du gouvernement et aujourd'hui, elle se dit pour. Elle vient de faire un virage à 180 degrés, en quelques jours de campagne électorale, alors qu'en période de turbulence économique, on a besoin de stabilité", a lancé M. Charest, visiblement ravi des munitions que lui a fournies son adversaire.
Questionnée à savoir comment un gouvernement péquiste se comporterait à l'égard du déficit accumulé mis au jour par le Vérificateur général du Québec, Pauline Marois n'a pas écarté la possibilité d'appliquer le principe du projet de loi 85, que son parti a pourtant fermement dénoncé depuis des mois.
"Ecoutez, 5,8 milliards $, c'est énorme à traîner comme déficit. La loi 85 ouvre une porte, on devra l'évaluer", a-t-elle déclaré.
Le sondage Léger marketing publié mardi démontre que le Parti libéral du Québec mène dans les intentions de vote avec 41 pour cent, contre 35 pour cent pour le PQ et seulement 14 pour cent pour l'Action démocratique.
Toutefois le parti de Pauline Marois devance les libéraux de cinq points chez les francophones, avec un appui de 39 pour cent.
"Il y en aura beaucoup de sondages. Les sondages peuvent varier, on a vu ça dans la campagne fédérale, il y avait des sondages qui allaient dans toutes les directions, soyons prudents là-dessus", a affirmé Jean Charest.
Des millions pour Québec
De passage dans la région de Québec, où son parti a perdu sept circonscriptions au profit de l'ADQ en 2007, le chef libéral a dévoilé plusieurs engagements dans le but de séduire l'électorat.
Il a annoncé qu'un gouvernement libéral rendrait disponible une enveloppe de 50 millions $ pour l'éventuelle construction d'un nouveau colisée dans la Capitale nationale.
Ce projet devrait être initié par des promoteurs privés.
Jean Charest a aussi promis de prolonger la promenade Samuel de Champlain au coût de 65 millions $ et d'investir 9 millions $ pour couvrir l'anneau de glace Gaétan Boucher.
Un gouvernement libéral injecterait 10 millions $ dans un centre de pré-dédouanement à l'aéroport Jean Lesage, et 1 million $ pour rendre accessible Internet sans fil sur l'ensemble du territoire de la Capitale nationale.
Puis, le chef libéral a à nouveau plaidé pour la candidature de la ville de Québec en vue de l'obtention des Jeux olympiques de 2022.
Il s'est défendu de délier les cordons de la bourse pour Québec dans le seul but de regagner des circonscriptions actuellement détenues par l'ADQ.
"Ce sont des projets mérités", a-t-il argué, ajoutant qu'il n'était pas normal qu'une ville de la taille de Québec ne soit pas dotée d'un amphithéâtre sportif et culturel correspondant aux standards en la matière en Amérique du Nord.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne