Sortir des sentiers battus
On peut lire dans cette page la lettre d’une lectrice qui s’inquiète des difficultés qu’elle a connues lorsqu’elle a vécu une situation d’urgence. Je pense que le problème vécu par cette dame illustre un exemple des difficultés que vivent les citoyens dans leurs démarches pour obtenir des services publics ou parapublics.
Dans bien des cas, ces contretemps peuvent résulter en des pertes de vie ou en des séquelles permanentes pour les personnes concernées. Lorsqu’un enfant requiert des soins urgents, chaque minute compte et il est bien évident que des ambulanciers disponibles en temps opportun pourraient faire une importante différence.
Je ne partage pas l’avis de cette dame quand elle semble soutenir que L’Ile-des-Sœurs n’est pas un endroit sécuritaire. Les problèmes qu’elle a vécus ne sont pas exclusifs à ce quartier. Ils sont généralisés à tout le Québec et sans doute à plusieurs autres provinces du Canada.
Il est vrai que les conséquences peuvent être très dramatiques, lorsqu’il s’agit de la santé des gens. Dans les situations d’urgence, chaque minute compte et les lacunes des services publics prennent encore plus d’importance. Combien de personnes âgées sont privées des soins auxquelles elles ont droit pour leur assurer une fin de vie décente? Combien de gens sont décédés, au cours des dernières années, parce qu’ils n’ont pu obtenir les chirurgies requises au moment opportun?
La solution au problème soulevé par cette lectrice n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Si l’on assignait une ambulance, en permanence, au quartier de L'Île-des-Sœurs, il faudrait en priver un autre secteur où, peut-être, les besoins sont encore plus grands. Et si deux urgences surviennent au même moment, il y en a au moins une des deux qui ne bénéficierait pas d’un service rapide.
Je peux anticiper le commentaire des responsables de ce service : « On ne peut faire mieux avec les ressources et les budgets qu’on a. » Et voilà! Personne ne semble intéressé à « faire plus (ou mieux) ».
Au fond, c’est toute la collectivité qui est affectée par l’inefficacité des décideurs. Et c’est pourquoi, à mon humble avis, bien des gens ont exprimé leur volonté pour un véritable changement, lors du dernier scrutin provincial.
Les structures gouvernementales sont tellement lourdes que chaque décision prend des mois, des années à se transformer en action. Et avant même d’arriver à un choix qui s’écarte des cadres établis, il faut, là aussi, des mois de débats, de discussions, d’analyses, quand ce n’est pas une… commission d’enquête!
Je reste cependant optimiste. Pour la première fois, en plus d’un siècle, le Québec sera géré par un gouvernement minoritaire. Les règles du jeu sont changées et peut-être en résultera-t-il une plus grande efficacité au sein de l’administration publique.
Parmi les élus, on compte un grand nombre de nouveaux venus qui n’ont aucune expérience à l’Assemblée Nationale et c’est peut-être mieux ainsi car ils risquent moins de se confiner aux sentiers battus.