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Projet de train sur l’estacade du pont Champlain : l’AMT s’est-elle mis le doigt dans l’œil?

Article mis en ligne le 21 mars 2007 à 16:43
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Lettre ouverte
Projet de train sur l’estacade du pont Champlain : l’AMT s’est-elle mis le doigt dans l’œil?
Après des tonnes d’études au coût de 14 millions, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) faisait récemment savoir que parmi sept scénarios pour améliorer les déplacements entre le Rive-Sud et Montréal elle privilégiait celui de train léger (SLR) sur l’estacade. Très étonnant. Vraiment.

Dans La Presse du 26 février dernier, le journaliste Bruno Bisson voyait dans ce projet d’un milliard avec déficit anticipé de 20 millions par année un éventuel « deuxième métro de Laval ». Toujours dans La Presse du même jour, le directeur de Transport 2000 soulignait « qu’il ne faudrait pas répéter l’erreur de dépenser un milliard pour répondre à une demande qui n’est pas là, comme on vient de le faire avec le prolongement du métro de Laval qui devait coûter 350 millions. Il coûtera 800 millions. »

Aussi incompréhensible que cela puisse paraître, le projet du tunnel Notre-Dame n’a même pas été retenu dans les scénarios étudiés par l’AMT. Pourtant, ce projet de tunnel à péage et à six voies, construit et exploité par le privé, évalué à quelque 300 millions, réservé aux automobiles et autobus (camions exclus) et en mesure d’accueillir un train léger, paraît plus intéressant que celui du SLR sur l’estacade, surtout avec la perspective du parachèvement de l’autoroute 30 qui permettrait d’alléger la circulation sur le pont Champlain.

Un professeur de l’INRS-UCS, Yves Bussière, a fait valoir que le projet de train léger sur l’estacade serait voué à l’échec, qu’une infrastructure de ce genre ne ferait que drainer une partie de la clientèle du métro.

En 2002-03, la Commission Nicolet sur l’amélioration des déplacements entre la Rive-Sud et Montréal a émis de fortes réserves sur le projet de train léger sur l’estacade pour des raisons techniques, d’achalandage et de coûts.

Il faut également considérer les préjudices à prévoir ou potentiels du projet de train léger sur l’estacade pour les résidants de L’Île-des-Sœurs . Par exemple, le service de l’autobus 168 serait discontinué pour faire place à un service de navette entre les arrêts de l’Ïle et une gare intermodale. Les milliers d’usagers de l’Île pourraient-ils trouver une place convenable dans le train, en particulier vers Montréal aux heures de pointe? En guise de solution à ce problème, on a pensé leur réserver des wagons… Qu’en est-il, entre autres, de la possibilité que le train léger ait pour effet de créer des embouteillages à la sortie de l’Île ou de les amplifier?

Étonnant, donc, le choix de l’AMT. Aussi s’attend-on à ce que les élus locaux de même que la presse locale l’abordent d’une façon résolument critique et accordent l’attention qu’elle paraît bien mériter à l’alternative du tunnel Notre-Dame.
Gérard Paquin

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