Pierre Martin et Johanne Paradis, des marcheurs écologiques.
Des marcheurs écologiques
Chaque matin depuis trois ans, Johanne Paradis et Pierre Martin font leur promenade sur les berges de Verdun tout en ramassant les déchets à proximité de leur parcours. Certaines personnes qu'ils rencontrent au passage ont imité leur initiative. L'effet d'entraînement pourrait assurer des berges propres et limiter les comportements délinquants.
Natifs de Montréal, Mme Paradis et M. Martin résident sur l'avenue Rielle et s'habillent en conséquence des saisons pour se balader et effectuer leur corvée quotidienne. «On joint l'utile à l'agréable, souligne Pierre Martin. On admire la flore et la faune au bord du fleuve tout en posant un geste écologique. On ramasse des déchets en triant ce qui peut être recyclé», explique-t-il en cours de route au journaliste du Magazine.
Parti du stationnement municipal du boulevard Lasalle, situé près de la rue Willibrord, le couple se rend jusqu'à la rue Richard en empruntant le sentier de terre battue, un trajet d'un kilomètre et demi qu'il tient propre, muni d'une pince à long manche, de gants et de sacs. «Le printemps, c'est décourageant. On rempli jusqu'à 20 sacs d'épicerie par jour», raconte M. Martin, qui est bibliothécaire à Montréal.
On trouve de tout
Dès le départ, ce dernier recueille sept bouteilles de bières et remarque qu'un chien a déterré un arbre à moitié. Outre les mégots de cigarettes qu'il ne calcule plus, Pierre Martin découvre un vélo abandonné sur le rivage, du fil à pêche qui représente un piège à oiseau, ainsi que divers emballages.
«J'ai déjà trouvé des sacoches», relate Johanne Paradis en riant. Elle trouve moins drôle d'apercevoir de la vitre sur le sentier, qui risque de couper sérieusement quelqu'un ou un animal. «On nous demande si on a peur de découvrir un cadavre, mais ce n'est jamais arrivé», ajoute-t-elle, ne sachant trop comment elle réagirait.
Le couple déplore les dommages causés aux arbres, que ce soit les branches cassées par des apprentis Tarzan ou les feux allumés aux troncs. «Les plaies sont des portes d'entrées pour les bactéries, qui mènent à une mort précoce», souligne M. Martin.
Ce dernier dénonce le manque de poubelle publique le long des berges. «Il y a trois tables à pique-nique à la fin de notre parcours, mais aucune poubelle à côté d'elles», fait-il remarquer.
En fait, on a bien croisé deux poubelles en béton, mais elles sont rendues dans l'eau, dont une à la hauteur de la rue Willibrord. Les sacs de drogue sont aussi monnaie courante parmi les déchets et un quai flottant manque à l'appel sont d'autres constatations du couple.
Découverte de la flore et de la faune
«Vous êtes les nettoyeurs des berges?», a demandé un passant au couple traînant un sac plein de déchets et un autre rempli de recyclage. Même une dame promenant son chien sur les berges est allée de louange. «Ils m'ont inspiré à faire ma part», raconte-t-elle. Il paraît aussi qu'un pêcheur en chaloupe ramasse des débris sur l'eau.
Conquis par l'environnement des berges, Pierre Martin et Johanne Paradis ont développé un intérêt pour les fleurs, les plantes, les oiseaux et autres animaux. Ils ont vu leur premier renard de la saison avant même leur départ, ainsi qu'un jeune héron paisible sur un quai de la marina, en plus des familles de canards. «Les oiseaux et la végétation agrémentent nos promenades», poursuit Mme Paradis, qui est designer graphique. Elle et M. Martin expliquent d'ailleurs ce qu'ils font sur les berges sur leur site
www.amisdesberges.ca. Un coup de main, ça vous dirait?
Citation «On joint l'utile à l'agréable. On admire la flore et la faune au bord du fleuve tout en ramassant des déchets en triant ce qui peut être recyclé» - Pierre Martin