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Quand une cassette dit la vérité!

Richard Cléroux par Richard Cléroux
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Article mis en ligne le 5 décembre 2008 à 16:14
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Quand une cassette dit la vérité!
Stéphane Dion
Quand une cassette dit la vérité!
Michaëlle Jean a sauvé la tête à Stephen Harper.
La gouverneure-générale a fermé le Parlement pour six semaines lui évitant un vote à la Chambre des communes qu'il aurait sûrement perdu..

Harper profitera du sursis pour détruire complètement Stéphane Dion, ce qui laissera le champs libre à Michael Ignatieff ou Bob Rae pour prendre la relève de ce qui reste du Parti Libéral.

Harper n’avait pas besoin de Madame Jean.

Dion s’est défait lui-même mercredi soir lors de son allocution catastrophique à la nation.

C'était un désastre monumental, une faillite technique de premier ordre.



Plutôt que d'engager une firme spécialisée dans l'enregistrement sur cassette de discours importants, Dion s'est tourné vers un ami, un certain Mick Gzowski, fils du célèbre animateur radiophonique Peter Gzowski, qui s'adonnait avoir une caméra numérique. Malheureusement l'auto foyer de l'appareil était brisé. Donc tout le discours du début à la fin a été tourné hors-foyer. Il ne restait pas assez de temps pour trouver un autre appareil parce que Dion avait attendu trop tard pour écrire son discours, bien qu'il connaisse l'horaire depuis 11 heures du matin.

Ce n'était que le début de l'horreur.

Les cassettes de Dion étaient attendues à Radio-Canada à 18h20 pour télédiffusion sur cinq différents réseaux à 19h10, juste après le discours de Harper.

Les Libéraux se sont rendus avec le discours de Dion à la Tribune de la presse au Parlement à 19h15 mais il aurait fallu plutôt se rendre à Radio-Canada. Une autre 15 minutes de délai.

Encore pire, selon des informations obtenues, les versions en français et en anglais du discours étaient sur une seule et unique cassette.

Il a fallu se presser à Radio-Canada pour recopier et redistribuer des copies distinctes aux divers réseaux.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le discours n'avait pas été tournée également en format ‘haute définition’ causant de sérieux problèmes de cadrage pour les réseaux HD.

Dion avait donc un menton qui disparaissait et revenait au bas de l’écran à certains moments. Il semblait être sans cou. Parfois, son visage paraissait beaucoup trop proche de la caméra. Il avait l’air de quelqu’un en train de passer une radiographie!!

« On dirait que cela a été filmé avec un téléphone cellulaire » a dit en blague Peter Mansbridge, présentateur de nouvelles à la CBC, tant l’image était hors-foyer.

Au réseau CTV le chef des nouvelles Lloyd Robertson a noté que les Libéraux « n’étaient même pas arrivés à respecter l’horaire », remarque cinglante s’il en est une.

Une jeune étudiante regardant ce triste spectacle s’est tourné vers sa mère : « Maman, ils auraient dû nous appeler. On aurait fait bien mieux que ça à La Cité collégiale. »

Le montage était « botché. » Le début était coupé. Dion a commencé son allocution sans préambule avec les mots « l’économie canadienne »

La couleur était atroce. Dion avait un teint quelque part entre l’orange et le rouge. Les techniciens de Radio-Canada avaient tenté de faire des corrections, en quelques secondes, sans grand succès.

En ondes les présentateurs en avaient tellement honte qu’ils répétaient constamment que la production ne relevait de leur réseau.

Dion n’était pas à l’aise. Il se reprenait en anglais, prononçait mal certains mots, semblait nerveux et pressé. S’il s’était vu! Plus tard Dion a dit qu’il était assez bon à la radio.

Une éminence grise du parti Libéral, Warren Kinsella, a qualifié la présentation de « pathétique. »

« Ils veulent « ronner » un pays pis ils savent même pas comment faire une vidéo, » a dit un autre vieux routier.

Plutôt que de choisir un décor neutre et noble, comme celui de Stephen Harper, on avait placé Dion dans un bureau, engoncé dans un fauteuil à dossier, de la même couleur que son veston donnant l’impression qu’il avait des épaules difformes.

Derrière lui, il y avait une étagère des livres et bibelots. Bien en évidence, derrière lui on pouvait voir le bouquin politique de Jeffrey Simpson « HOT AIR » (FOUTAISE.)

Bref, Dion avait l’air d’un prof dans son coqueron à l’université. Tout sauf un homme politique en voie de devenir le chef d’une coalition efficace et Premier ministre d’un pays du G-8.

Par après Dion a demandé une enquête sur le désastre de mercredi soir, mais son entourage se défend de n'avoir jamais vu la cassette avant qu'elle passe à la télévision.

Il y avait déjà longtemps que le loser de la soirée avait été décidé.

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