Gilles Proulx et Liza Frulla analysent le débat des chefs
Profitant du débat des chefs, Le Magazine a recueilli les commentaires de Gilles Proulx et de Liza Frulla. Leurs propos, comme résidants de L'Île-des-Sœurs, donnent une couleur locale à cet événement qui sert de sprint final à la campagne électorale.
Le débat a soulevé des commentaires différents de part et d'autres. «La formule a donné lieu à trop de cacophonie, les chefs se sont livrés à une guerre de chiffres et personne n'a réussi de knock-out, a résumé Mme Frulla. Tous ces facteurs n'ont pas servi à éclairer les gens qui s'intéressent peu à la politique, ainsi qu'à ceux qui attendaient le débat pour se faire une idée», ajoute-t-elle.
Gilles Proulx a qualifié d'insolents les experts qui ont déclaré un match nul entre les chefs des trois principaux partis politiques au Québec. «J'ai assisté à une belle confrontation, contrairement à ce que disent les experts qui ne veulent déplaire aux différents partis. J'ai pu voir les deux vieux partis, menés par Mon oncle Jean et Ma tante Pauline, passer leur temps à se chamailler, mais je n'ai pas senti parmi les chefs un leadership à la Lesage, Johnson père ou Lévesque, dont les actions étaient le centre des discussions de la population à l'époque.»
Performance des chefs
Dans leurs impressions des performances des chefs, nos deux analystes ont donné des notes semblables au libéral Jean Charest et à l'adéquiste Mario Dumont, mais diamétralement opposées à la péquiste Pauline Marois.
«Charest s'est défendu comme un chef de gouvernement. Pour moi, il sort gagnant car le débat ne changera rien aux intentions de vote», a déclaré Mme Frulla. Cette dernière estime que Dumont a sauvé les meubles, car il n'avait rien à perdre. «Il n'a pas commis d'enflure verbale ni usé de démagogie comme au dernier débat. Sa performance permettra d'arrêter l'effritement des appuis à l'ADQ et ainsi maintenir le peu de pourcentage d'intentions de vote que celui-ci reçoit essentiellement par sa base», ajoute l'ex-députée de Marguerite-Bourgeoys.
M. Proulx, qui a déjà été candidat, a noté que Charest n'a pas répondu aux questions, entre autres, sur le décrochage, l'enseignement de l'histoire et la loi 101 à Montréal. Il a toutefois affirmé que le chef libéral avait offert une bonne performance, qui transpirait l'expérience, notamment en gardant son sang-froid.
L'ex-animateur de radio a louangé Dumont. «Il a été le seul à dire des choses que les autres ne voulaient pas aborder, comme les Commissions scolaires, les coupures, par exemple, dans la fonction publique, ainsi que le déficit. Il a aussi parlé d'école de la fierté, une de ses idées rafraîchissantes dont les experts ont passée sous silence. Au moins, il apporte de nouveaux éléments.»
Marois et le mot de la fin
Fidèle à son franc-parler, Gilles Proulx a affirmé que Pauline Marois a joué la redondance comme un vieux disque qui ne pogne plus. «C'est agréable de dire qu'une femme est candidate pour le poste de premier ministre, mais elle ne l'a pas. Elle ne semble pas préoccupée par le commun des mortels», conclut-il à son sujet.
À l'opposé, Mme Frulla considère que la chef péquiste a fait un gain en offrant une performance honorable dans son premier débat des chefs, ce qui la place en bonne position de devenir chef de l'Opposition officielle. «Elle a consolidé ses appuis dans un parti qui est difficilement gérable.»
Liza Frulla conclut que les chefs ont respecté la ligne de conduite qu'ils avaient chacun tracée pour le débat, leur permettant ainsi de conserver leurs acquis. Elle estime donc que le résultat du vote populaire le 8 décembre sera semblable aux sondages.