Un seul critère: la vérité
Le tragique incident qui a causé la mort d'un chien, à L'île-des-Soeurs, soulève de nombreuses réactions. Je suis, comme la plupart des gens, particulièrement choqué par cet événement. J'en suis d'autant plus peiné que je suis contre toute forme de violence envers les animaux et je réprouve même la pratique de la chasse sportive.
À la suite de la publication de cette nouvelle, il y a deux semaines, j'ai reçu quelques lettres de lecteurs qui contestent la version des faits que j'ai présentée. Certains m'accusent d'avoir publié des informations inexactes ou même d'avoir caché certains éléments de cette malheureuse affaire.
Je tiens à m'objecter à de telles affirmations. Premièrement, il faut savoir que dans les jours qui ont suivi cet accident, plusieurs appels et courriels ont été transmis au Magazine pour signaler ce qui venait de se produire. Parmi ces messages, aucun ne provenait d'une des personnes impliquées, de près ou de loin, dans cet événement et certains affirmaient même que des chasseurs tentaient de capturer des animaux à fourrure pour en faire le commerce.
À chaque fois que des incidents malheureux surviennent, certaines personnes voudraient que l'on s'empresse de pointer du doigt des « coupables ». Jamais je ne serai d'accord avec cette façon de pratiquer le journalisme. Je pense que la pire injustice que l'on peut commettre, c'est de condamner, sur la place publique, des personnes dont la culpabilité n'est pas rigoureusement établie.
J'utilise toujours la même approche, lorsque je reçois des informations. Je fais des vérifications auprès des autorités officielles afin de m'assurer de leur authenticité et tenter d'obtenir plus de détails. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu l'occasion de douter de la véracité des informations qui m'ont été transmises par l'arrondissement de Verdun et, dans ce cas-ci, les choses ne sont pas différentes. Dans ce dossier, la seule information que je n'avais pas divulguée est le nom de l'organisme qui était responsable de la capture des castors. Je ne l'avais pas fait, parce que je n'avais pu rejoindre les personnes concernées et je voulais m'assurer, avant de jeter un possible discrédit sur leurs actions, de connaître tous les détails de celles-ci.
Comme on peut le constater dans un autre article, cet organisme a présenté un rapport écrit sur les événements et on peut maintenant l'identifier de façon officielle. Il s'agit de Nature-Action Québec(NAQ), une entreprise d'économie sociale reconnue qui travaille à la protection de l'environnement depuis 22 ans. Cette entreprise a obtenu un mandat de l'arrondissement pour, entre autres, la protection des arbres, sur les berges de Verdun. Et c'est dans le cadre de son mandat qu'elle a dû prendre des dispositions pour contrer les méfaits des castors.
Se peut-il qu'il y ait eu erreur ou négligence dans la procédure utilisée pour la capture des castors? Peut-être, mais dans la conclusion de son rapport, Nature-Action Québec affirme que le piégeage a été fait selon les règles en vigueur. Et jusqu'à preuve du contraire, je n'ai aucune raison d'en douter. On peut toutefois se demander si les règles sont bien adaptées dans un milieu urbain.