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Au nom de la culture

Pierre Vigneault par Pierre Vigneault
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Article mis en ligne le 24 septembre 2008 à 15:52
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Au nom de la culture
Si l'on en juge par l'importance que les grands médias du Québec lui accordent, le thème de la culture est l'un des enjeux les plus importants de la campagne électorale. Et pourtant, malgré les innombrables messages véhiculés sur toutes les antennes, les électeurs ne semblent pas être très préoccupés par cette question.
À force de trop insister, je commence à croire que le milieu artistique se tire dans le pied. Au lendemain des élections, que se passera-t-il? Au mieux, les artistes peuvent s'attendre à ce que leurs messages aient influencé suffisamment d'électeurs pour empêcher les conservateurs de remporter la victoire. Et alors, qui leur donnera les subventions qu'ils réclament? Certainement pas le Bloc, car il ne peut accéder au pouvoir. Le NPD fera sûrement des gains, le 14 octobre prochain, mais aucun observateur n'accorde à ce parti des chances de former le prochain gouvernement. Il ne reste donc que le PLC, mais s'il est vrai que Stéphane Dion s'est engagé à les aider, comment pourra-t-il tenir cette promesse, si les menaces de crise économique se matérialisent?

Je pense que les investissements publics dans la culture génèrent des dividendes impressionnants. Mais j'ai bien de la difficulté à croire que ce secteur de l'économie pourrait sortir le Canada d'une éventuelle récession! Si cela était vrai, pourquoi ne pas consacrer presque tout le budget à cette miraculeuse « industrie »?

Je pense que la campagne des artisans du milieu de la Culture a raté sa cible. Jusqu'à présent, ils ne sont parvenus qu'à s'aliéner l'appui de bien des gens qui appréciaient leurs talents, leur contribution à la renommée du Québec à travers le monde.

Heureusement, il y a eu, au cours des derniers jours, l'intervention du président de l'Union des artistes (UDA), Raymond Legault. Celui-ci a défini un objectif qui a le mérite d'être clair. L'UDA demande au prochain gouvernement d'allouer 1 % de son budget à la culture. « C'est un engagement qu'on souhaite de la part des partis politiques » a expliqué M. Legault. Il appuie ses arguments sur des chiffres qui sont vérifiables et qui tendent à démontrer que les crédits pour la culture ont chuté de façon significative tandis que de nouvelles compressions sont annoncées.

Le président de l'UDA va plus loin et cite une étude du Conference Board du Canada, qui démontre selon lui, que les industries culturelles et artistiques du pays ont généré des retombées de près de 85 milliards, au cours de la dernière année. « C'est cinq fois la valeur de l'impact économique direct de l'industrie automobile », soutient-il.

M. Legault formule une demande précise et il s'appuie sur des sources vérifiables. Je n'ai pas la compétence de juger du bien-fondé de ses arguments, mais je trouve qu'ils ont le mérite d'être présentés d'une façon claire, pondérée et, du moins en apparence, dépourvue de partisanerie.

Au lendemain du scrutin, le gouvernement sera dirigé par un parti qui devra répondre, devant la population, de l'utilisation qu'il entend faire des fonds publics. Et ce n'est pas en citant les railleries et les insultes véhiculés par certains artistes qu'il parviendra à convaincre les contribuables de la nécessité d'investir davantage dans la culture.

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