À quand le prochain saccage?
À l'instar de nombreuses villes nord-américaines, Montréal est devenue un endroit où tous les prétextes sont bons pour manifester dans le désordre et la violence.
Dans la nuit de lundi à mardi, après la victoire des Canadiens sur les Bruins, on a mis le feu à des véhicules de police, on a saccagé des vitrines, on a dévalisé des magasins et toute cela, alors que des centaines de policiers avaient été déployés pour contrôler les débordements anticipés.
On sait bien, au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), que ce n'est pas la fièvre du hockey qui a causé tout ce saccage. Ce sont quelques voyous qui ont profité de la présence d'un grand nombre de fêtards pour perpétrer leurs méfaits. Et leurs cibles préférées ont été les véhicules de police, comme s'ils voulaient démontrer l'inefficacité des forces de l'ordre. Et le pire, c'est qu'ils y sont parvenus.
Mardi matin, le bilan faisait état de 16 arrestations, parmi lesquelles ont comptait trois personnes d'âge mineur. Quelques heures plus tard, tous ces gens(sauf un individu) avaient été relâchés; ils devront revenir en cour pour répondre à des accusations. Si jamais ils sont condamnés (ce qui est loin d'être acquis), ils auront peut-être une amende à payer... Et voilà! Des dégâts évalués à plus de 500 000$, la réputation d'une ville (et de ses citoyens) ternie à travers le monde et, au bout du compte, quelques tapes sur les doigts pour les présumés responsables.
Ce qui m'inquiète le plus, c'est que tout permet de croire que de tels événements se reproduiront à nouveau, au cours des prochains mois. Après les séries du hockey, il y a aura la Saint-Jean, puis les grands festivals, au centre-ville de Montréal; qu'est-ce qui empêchera les mêmes voyous (ou d'autres) de faire du grabuge?
Certains observateurs réclament un nombre accru de policiers et ils voudraient que ceux-ci puissent agir plus énergiquement, « qu'ils entrent dans le tas, à coups de matraques »... Croit-on vraiment que cela donnera de meilleurs résultats? Les matraques, les gaz sont souvent utilisés sans discernement, dans le feu de l'action et ils contribuent fréquemment à l'augmentation de la violence. La plupart du temps, ce sont les innocents, moins habiles à fuir les policiers, qui en sont les premières victimes.
Le SPVM va réviser ses stratégies mais je doute fort que cela soit suffisant. Il ne suffit pas de mettre la main au collet de quelques dizaines de voyous. Ceux-ci (et leurs admirateurs) recommenceront, à la première occasion, si les législateurs continuent de faire preuve de la même indulgence, à leur endroit. Pourquoi ne leur impose-t-on pas des peines plus sévères et utiles à la société, comme le nettoyage des rives, par exemple? Pourquoi toutes ces libérations au tiers de la sentence? Pourquoi les parents ne seraient-ils pas tenus responsables des méfaits de leurs ados d'âge mineur?
Et, au niveau de la prévention, pourquoi ne pas utiliser davantage les caméras de surveillance, dans les secteurs « chauds »?
Je ne me fais pas d'illusion. Ces changements ne sont pas pour demain; il faudrait, pour cela que nos élus cessent de plier l'échine devant les groupes de pression qui, sous le prétexte de protéger des droits individuels, compromettent le bien-être et la sécurité de la collectivité.