Que ce soit autour du globe ou tout simplement à côté de chez soi, le bénévolat de la Croix-Rouge permet de poser des gestes concrets et de se sentir valorisé.
Le printemps n'apporte pas que le soleil
La Croix-Rouge a besoin de bénévoles pour aider les sinistrés
«Pas besoin d'aller loin pour trouver des gens qui ont besoin d'aide», affirme Rima Naim, chef d'équipe d'urgence de la Croix-Rouge à Montréal. Chaque jour, des gens perdent tout et se retrouvent sans ressource. Ce sont ces sinistrés que les bénévoles de l'organisme peuvent aider tous les jours.
Rima Naim, de Montréal, relate ce que le bénévolat pour la Croix-Rouge lui a apportée depuis trois ans: «C'est extrêmement valorisant et ça rend plus humble. C'est impossible de vraiment s'investir ou s'engager dans un bénévolat sans obtenir de bénéfices; on aide les autres, mais on s'aide aussi.»
Selon elle, faire du bénévolat pour cet organisme convient parfaitement à des personnalités dynamiques et à ceux qui gèrent bien leur stress. C'est le cas de Mme Naim puisqu'elle aime les situations différentes et pleines d'actions. «La Croix-Rouge me permet de vivre un autre type de bénévolat et de ressentir d'autres émotions à la fin de la journée.»
Tout perdre à un autre niveau
Nous ne réalisons pas souvent les tragédies que peuvent vivre des sinistrés tout près de chez nous. Rima est d'avis que le bénévolat ouvre les yeux à beaucoup de réalités que nous ne voyons pas à tous les jours. «Nous ne réalisons pas la chance que nous avons: si nous vivons un sinistre, nous avons des ressources. Ce n'est pas la catastrophe puisque nous pouvons aller chez notre mère, chez notre copain, à l'hôtel… Avec la Croix-Rouge, je fais face à des femmes réfugiées et seules avec leur bébé dont la seule preuve d'identité n'existe plus et qui ne connaissent personne. Elles se demandent alors comment elles vont prouver qui elles sont demain et si elles vont pouvoir rester en sécurité au Canada. Quand nous voyons des gens qui ont tout perdu, nous apprécions beaucoup plus ce que nous avons et nous respectons les réalités des gens à un autre niveau.»
Beaucoup plus de personnes que ce que nous pouvons imaginer ne voient pas leurs besoins primaires satisfaits. «Pour les gens dans le besoin ou les sinistrés, une façon de penser répandue est: ‘S'il n'y a pas de blessés, c'est correct.’ Non! Ce n'est pas correct.»
Un nom qui en dit long
Au-delà des services essentiels, les bénévoles apportent également du réconfort, explique Mme Naim. «La présence est tellement plus importante que tout ce que nous pouvons offrir aux sinistrés. Dès qu'on nous voit arriver, un sens de confiance s'installe et une relation se crée tout de suite.»
De plus, des interventions et des actions sont faites sur l'Île de Montréal et elles vont en augmentant, puisque «nous agissons maintenant dans tous les arrondissements et pas seulement sur la couronne», explique Myrian Marotte, directrice des communications.
Justement, le besoin en bénévoles se fait grandissant. Au moment de l'entrevue, Mme Naim a reçu un coup de téléphone lui indiquant que son équipe ainsi que d'autres bénévoles devaient se rendre sur les lieux où une cinquantaine de familles avaient été évacuées de quatre ou cinq immeubles résidentiels. La Croix-Rouge s’est rendu sur place pour ouvrir un centre d'accueil temporaire. Comme quoi, tous les moments sont bons pour faire sa part!