Il ne suffit pas d'y penser
Pour atténuer les problèmes reliés au déneigement, les autorités municipales de Montréal invitent les gens à utiliser davantage le transport en commun. Wow! C'est brillant, ça! Heureusement qu'on l'a dit, car personne, sans doute, n 'aurait songé à cette option...
Je pense que ces belles déclarations, rapportées à la une des grands médias, témoignent d'une bien triste réalité. On semble croire que les Montréalais utilisent leurs voitures, pour le simple plaisir de « rouler en char ». On n'est quand même plus dans les années 50!
C'est pourtant bien évident. En supposant que l'automobiliste ait trouvé le moyen de dégager sa voiture du banc de neige où elle est enterrée, il lui faut encore franchir de nombreux obstacles, pour se rendre au travail. Il doit d'abord tenter de sortir de sa rue transversale, en évitant d'accrocher l'un des véhicules stationnés de travers. Sur les artères un peu plus larges, il doit circuler sur des voies réduites et sur une chaussée souvent très glissante. Quand il arrive à sa destination, après avoir affronté d'innombrables bouchons de circulation, il lui faut trouver un espace où stationner son véhicule. Et, s'il a l'incroyable chance de pouvoir y laisser son véhicule, il devra très souvent, y consacrer une petite fortune.
Circuler en auto, dans les rues de Montréal, ce n'est pas un plaisir, c'est une nécessité. Quand est-ce qu'on va le comprendre? Les gens qui utilisent leur auto le font parce qu'ils n'ont pas de véritables choix. La majorité des travailleurs doivent consacrer plus d'une heure par jour à leurs déplacements, lorsqu'ils utilisent le transport en commun. Seuls les chanceux qui habitent près d'une station de métro peuvent bénéficier d'un service acceptable.
Ce qui me décourage encore plus, c'est lorsqu'on envisage d'aménager de beaux circuits de tramway, dans certaines parties de la ville. Pour qui? Pourquoi? Comme bien des gens de mon âge, j'aime bien les tramways et, sans doute parce qu'ils me rappellent mes belles années, j'aimerais bien pouvoir m'y... promener. Eh oui, promener. Par un paisible dimanche après-midi d'été, lorsque la ville est à demi-morte et qu'on a du temps à tuer entre la grand-messe et les Vêpres. Mais pas pour me rendre au travail, lorsque les rues sont encombrées de neige!
Quand est-ce qu'on entend parler de projets audacieux pour rendre rendre le transport en commun plus pratique et plus rapide? Bien sûr, on nous sert, de temps en temps, quelques études de pré-faisabilité qui ont coûté quelques dizaines de millions de dollars... On va passer quelque mois à en discuter pour finalement conclure que ces beaux projets coûtent cher et qu'on manque d'argent pour les financer. Comme si on ne le savait pas, dès le départ...
Je pense que nos élus, à tous les niveaux, devraient comprendre qu'un grande nombre de gens sont prêts à renoncer à l'utilisation de leur auto, pour se rendre à leur lieu de travail et en revenir. La pollution, le coût exorbitant de l'essence, les problèmes de stationnement ont eu raison des derniers irréductibles. Si tant de travailleurs n'utilisent pas le transport en commun, c'est tout simplement parce qu'on ne leur offre pas un service adéquat.
C'est sûrement pas parce qu'ils n'y avaient pas pensé.