Le décès de Lydie et Thierry Lemoine sème le désarroi
Le drame horrible survenu à L'Île-des-Sœurs, le dimanche 3 février, a surpris et atterré les personnes qui connaissaient les époux Lydie et Thierry Lemoine. Parmi celles-ci, on compte plusieurs familles de Français venues s’installer dans l’île, au cours des dernières années.
Les gens qui s’installent dans un autre pays ont souvent tendance à se regrouper, et c’est ainsi qu’une dizaine de familles de l’île avaient l’occasion de se rencontrer. Lydie et Thierry Lemoine comptaient donc de nombreux amis à L'Île-des-Sœurs et leurs filles Charlotte et Julie avaient tissé des liens étroits avec les enfants de leur âge.
Dans une lettre publiée dans cette édition, un autre couple de Français, Sophie Nouchy et Gleb Chiriaeff expriment les sentiments des proches des deux disparus. Tout comme leurs quatre enfants, ils connaissaient bien la famille Lemoine et ils ont beaucoup de difficulté à se remettre de ce malheureux événement.
Mme Nouchy est d’avis que c’est le découragement qui a incité Thierry Lemoine à poser ces gestes irréparables. Selon elle, il était aux prises avec des problèmes financiers qui compteraient beaucoup parmi les causes de son angoisse. «Le plus paradoxal, dans tout cela, c’est qu’il ignorait qu’on venait tout juste de lui accorder le poste d’enseignant qu’il avait sollicité», affirme Mme Nouchy. Comme elle l’indique dans sa lettre, il est certain que ses amis de l’île auraient voulu lui venir en aide, s’ils avaient réalisé toute l’ampleur de son désarroi.
Au moment où ces lignes paraîtront, Charlotte et Julie Lemoine seront reparties pour la France. Elles iront habiter chez la sœur jumelle de leur maman qu’elles connaissent bien, puisqu’elles ont eu l’occasion de la visiter à chaque année, depuis leur arrivée au Canada, il y a sept ans.
Selon Mme Nouchy qui a pu rencontrer les deux fillettes, depuis le jour du drame, celles-ci ne réalisent pas encore toutes les circonstances de ce drame. Elles ne sont pas retournées à l’école, depuis le 3 février, et ont été uniquement en contact avec des proches amis de leurs parents. Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui ont pris des arrangements pour assurer leur retour dans la famille de leur mère, en France.