Des jeunes du Repère ont parlé de leur sentiment d'appartenance à L'Île-des-Sœurs, en présence de leur animateur, Hervé Léon. (Photos: Martin Chamberland)
Les jeunes veulent plus d'activités et une école secondaire
Rencontre sur le sentiment d'appartenance à leur quartier
À l'initiative du Magazine, une dizaine d'adolescents ont parlé, vendredi soir dernier au Repère des jeunes, situé au sous-sol du Centre Elgar, de leur sentiment d'appartenance à L'Île-des-Sœurs avec Geneviève Gardere, représentante du Conseil jeunesse de Montréal (CjM), un organisme qui conseille le maire de Montréal sur les préoccupations des jeunes. Ils en ont donc profité pour souligner le manque d'activités sportives et l'absence d'une école secondaire dans leur quartier.
De plus, seulement un petit nombre de jeunes rencontrés, qui sont âgés de 11 à 14 ans et proviennent de l'Arabie Saoudite, de l'Afrique et de la Colombie, ainsi que du Québec, ont manifesté leur intérêt de vouloir s'établir sur l'île une fois adulte. L'avis Montréal, ma ville, mon choix, dévoilé en novembre par le CjM, démontre que le lieu de naissance des jeunes influence le sentiment d'appartenance à leur quartier.
Philippe Leclair, dont la famille vit à L'Île-des-Sœurs, sent autant faire partie de Montréal, tout comme Jean-Marc Shaka, qui a grandi ici. Il trouve cependant «qu'il est toujours bon d'aller ailleurs».
Quartier d'adultes
Les frères Hussein et Ali Ismail, eux, ne s'identifient pas à L'Îles-des-Sœurs. «C'est un quartier de riches dont je ne suis pas très fier, un endroit plus pour les adultes», soutient Hussein. Selon lui, il n'y a pas assez d'activités pour les jeunes dans le quartier, comparativement à Parc-Extension où il a habité jusqu'en décembre. Ali préfère aussi Montréal.
Fadi Sabban aime bien L'Île-des-Sœurs, mais ses parents, qui ont déjà habité le quartier, veulent partir, encore une fois, pour se rapprocher du travail. Seul dans son camp, Nicolas Tapiero est un fier insulaire qui aime se promener à Montréal. «Je vais au centre-ville et parfois au cinéma», avoue celui qui habiterait volontiers un quartier de Montréal où le logement est plus abordable.
Nicolas soutient qu'il n'y a rien à faire l'hiver à L'île-des-Sœurs en raison du manque d’activités sportives. Il précise, en outre, s'être ennuyé durant les Fêtes, parce que le Centre Elgar où se trouve le Repère, ainsi que le gymnase de l'école pour pratiquer le basketball, étaient fermés. «Je voulais être avec mes amis, mais on n'avait pas de place où aller», déplore-t-il. Nicolas reconnaît toutefois que c'est mieux l'été, avec les terrains extérieurs de basketball, de tennis, de soccer, ainsi que les piscines.
Il affirme aussi qu'une école secondaire serait bienvenue à L'Île-des-Sœurs. «On en parle depuis mon arrivée à l'école primaire Île-des-Sœurs (qui accueille plus de 700 élèves), il y a plus de cinq ans», dit celui qui, comme tant d'autres enfants du quartier, poursuit ses études à l'école privée, faute d'école secondaire publique dans leur cour. En fait, peu d'insulaires fréquentent l'école Mgr Richard située de l'autre côté du pont.
Le transport en commun constitue un autre irritant pour les jeunes. Ils souhaiteraient que le service de la ligne 12 soit plus rapide les fins de semaine et plus tard les soirs de semaine.
Équipe de basketball
Ayant constaté l'absence de sport au Repère, l'animateur Hervé Léon a formé une équipe de basketball avec des jeunes qui fréquentent l'organisme. «Ils ont besoin de s'épanouir et le Repère offre seulement des loisirs.»
À ce jour, dix jeunes font partie de l'équipe et la plupart d'entre eux ne pratiquaient pas ce sport auparavant. Ils s'entraînent au gymnase de l'école primaire Île-des-Sœurs en vue de jouer contre des équipes de différentes écoles, mais ils déplorent la qualité des installations. «Ce gymnase est délabré et les lignes sont mal faites pour le basketball», soutient Hervé et son groupe. Au moins, son projet sportif semble unir certains jeunes.
Comme d'autres visiteurs du Repère, ils s'amusent aussi aux tables de ping-pong, de billard ou de soccer (baby-foot), en plus de relaxer dans la salle de jeux et de films. Certains restent toutefois avec leur petit groupe, parce qu'ils ne parlent ni français ni anglais, mais Hervé tient à leur présence, car le Repère est un lieu de rencontre pour tous les jeunes du quartier. «J'aime mieux les voir s'occuper ici que de traîner ailleurs, car ce sont de bons jeunes qui me parlent de leurs problèmes, quand ce n'est pas du basket», révèle avec justesse l'animateur. L'organisme est ouvert du mercredi au samedi, de 16h à 21h.
philippe leclerc
Commentaire mis en ligne le 24 décembre 2008fuck lil des soeur il fon rien pr les jeunes