Depuis plusieurs années, Raymond Farger utilise ce mode de transport pour se rendre au travail, douze mois par année, de Longueuil à L’Île-des-Sœurs.
Raymond Farger, un cycliste qui ne craint pas l'hiver
Le lundi 3 décembre, bien des gens ont décidé de rester à la maison de crainte d'être pris dans les bouchons de circulation en raison de la tempête qui déferlait sur tout le Québec. Pour Raymond Farger, qui habite à Longueuil, c'était un matin comme les autres et c'est en vélo qu'il s'est rendu au marché Provigo de L'Île-des-Soeurs, pour sa journée de travail...
Depuis plusieurs années, M. Farger utilise ce mode de transport, douze mois par année. Durant l'été, il passe par l'estacade du pont Champlain et il franchit en vélo toute la distance entre son domicile de la rue McGill, à Longueuil et L'Île-des-Sœurs. Il lui faut environ une heure, pour franchir le trajet, mais il trouve cela très agréable, surtout quand il fait beau.
En hiver, il triche un peu; il utilise deux bicyclettes. La première lui permet de se déplacer entre son domicile et la station de métro de Longueuil où il la cadenasse à un poteau, pour toute la journée. Il emprunte ensuite le métro en direction de la station Berri-UQAM, puis vers la station LaSalle où il retrouve son autre bicyclette qui lui permet de se rendre sur l'île. La durée totale de son périple est d'environ 45 minutes, soit beaucoup moins de temps que la plupart des automobilistes doivent consacrer pour franchir la même distance.
Évidemment, ce ne sont pas des vélos de luxe que M. Farger laisse, ainsi, pendant des heures, attachés à un poteau près d'une station de métro. Il lui arrive parfois de s'en faire voler un ou de devoir réparer des dommages causés par des voyous. Les pneus dégonflés, les graffitis, les égratignures sont souvent les «cicatrices» qui les affligent. Mais cela ne le décourage pas et quand un vélo est trop endommagé, il en achète un autre, usagé, pour quelques dizaines de dollars.
Cet employé du rayon des viandes, au marché Provigo de L'Île-des-Sœurs, ne se plaint pas de son sort. «Il suffit de bien se vêtir et de se protéger de l'eau, surtout quand la piste longe la route et qu'il pleut abondamment», explique-t-il.
D'ailleurs, il n'est pas le seul à se rendre au travail en bicyclette, hiver comme été. Pour ceux qui travaillent tôt le matin, les fins de semaine, c'est souvent le seul moyen de se rendre dans l'île, lorsqu'on n'a pas de voiture. Pour tous ces gens, le véritable défi n'est pas la neige ou la pluie et encore moins les vandales: c'est le mauvais état de certains tronçons de pistes cyclables. Celles-ci sont habituellement déneigées très tôt le matin, mais, depuis quelque temps, les opérations en cours à l'entrée de l'île ont considérablement détérioré certaines parties de la piste. On creuse des tranchées pour installer des conduites et, quand elles ne sont pas remises à niveau, cela constitue des risques d'accidents pour les cyclistes qui doivent les franchir. M. Farger ajoute que l'on se donne rarement la peine de baliser les travaux lorsqu'ils sont réalisés sur des pistes cyclables, en hiver.
Un autre problème que vivent les cyclistes qui se rendent dans l'île, à partir de la «terre ferme», c'est un tronçon d'environ 200 mètres qui n'est pas éclairé, depuis plusieurs mois, parce que les ampoules des lampadaires sont défectueuses. Ce secteur est situé à l'extrémité nord-ouest du pont de L'Île-des-Soeurs, dans un petit boisé très sombre, surtout en hiver. M. Farger affirme qu'il s'en est plaint à l'arrondissement de Verdun, mais sans succès.
En tout cas, ce n'est sûrement pas à M. Farger que les écologistes pourront reprocher de contribuer à l'augmentation des gaz à effet de serre. Son expérience démontre qu'il suffirait d'un peu plus de support des autorités concernées pour que la bicyclette devienne un mode de déplacement exploitable, pour un grand nombre de gens, douze mois par année.