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Décès du pasteur Lee: le coroner conclut à une mort accidentelle

«Un cas illustrant parfaitement comment une équipe de premiers répondants pourrait faire la différence»

Pierre Vigneault par Pierre Vigneault
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Article mis en ligne le 24 octobre 2007 à 14:00
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Décès du pasteur Lee: le coroner conclut à une mort accidentelle
C’est dans cette piscine que le pasteur Lee a perdu la vie, en juillet 2006.
Décès du pasteur Lee: le coroner conclut à une mort accidentelle
«Un cas illustrant parfaitement comment une équipe de premiers répondants pourrait faire la différence»
Les lecteurs du Magazine se souviendront sans doute du désarroi des membres d’une famille de L'Île-des-Sœurs après le décès par noyade du pasteur Nam Sung Lee. Le tragique événement est survenu le 26 juillet 2006 et le coroner Jacques Ramsay, dans son rapport, en arrive à la conclusion que la mort a été accidentelle. Il souligne néanmoins certaines conditions qui méritent qu’on s’y attarde.
Dans les dernières pages du rapport, on peut noter des recommandations très révélatrices. On peut ainsi lire : «C'est donc dire que, eussent-ils agi comme premiers répondants, les pompiers auraient pu être sur place avant 17h10, dix-huit minutes avant l'équipe d'Urgences-santé. Il s'agit d'un cas illustrant parfaitement comment une équipe de premiers répondants pourrait faire la différence.»

Un peu plus haut, le coroner écrit : «Une défibrillation rapide avec une ventilation efficace représentait la meilleure chance de survie pour Monsieur Lee. En tout état de cause, cette intervention aurait pu sauver la vie de Monsieur Lee. Or, la caserne 67 des pompiers, sise au 991 boulevard René-Lévesque à L’Île-des-Sœurs, se trouve à un kilomètre de la piscine de la Place de la Fontaine, soit à environ deux minutes de distance (…)».

Les dernières lignes sont très éloquentes : «En l'occurrence, le service de premiers répondants n'est pas encore offert par cette caserne. Il faudra attendre l'été 2009, car les pompiers de cette caserne ne feront partie que de l'avant-dernière cohorte. Or, si L’Île-des-Sœurs ne représente pas un arrondissement aussi éloigné que certaines communautés de l'Ouest de Montréal, il n'en reste pas moins difficile d'accès durant les heures de pointe avec les embouteillages qui peuvent se produire aux abords du pont Champlain. Je recommande donc au Service de sécurité incendie de Montréal que la formation des pompiers de la caserne 67 soit avancée.»
Un tragique concours de circonstances
Le pasteur Lee était chéri par les membres de sa famille, mais il était également très apprécié par toute la communauté coréenne de la région de Montréal. Plusieurs d’entre eux ont été secoués par le tragique événement et les funérailles du pasteur ont attiré des centaines de fidèles de sa paroisse.
Dans son rapport, le coroner Jacques Ramsay écarte tout lien entre un problème de santé et cette tragédie. Par contre, la chronologie des événements tend à démontrer que plusieurs circonstances fortuites ont contribuées à cette perte de vie.

En fin d'après-midi, le mercredi 26 juillet, M. Lee se trouvait à la piscine de la Place de la Fontaine. Les enfants s'amusaient dans l'eau, dans la section peu profonde de la piscine à proximité de l'échelle, tandis que M. Lee était occupé à lire un livre sur le gazon en bordure.

Tout juste après 17h, il décide de se rafraîchir. Le coroner estime qu’il s’est alors retrouvé dans une zone légèrement plus profonde que ce à quoi il s'attendait. Surpris, il touche le fond, tente de remonter avec déjà de l'eau dans ses poumons, fait signe à ses enfants avant de sombrer définitivement, en moins de 45 secondes.

Tout indique que les personnes qui ont vu les signes de M. Lee les ont interprétés comme des gestes d’amitié et n’ont pas reconnu un appel à l’aide. Selon les sauveteurs, le pasteur aurait passé environ deux minutes sous l’eau. Le coroner n’est pas aussi précis, mais il conclut néanmoins qu’il s’est agi d’une courte période de submersion et que le pronostic de survie était habituellement excellent, en de telles circonstances. Il aurait normalement eu de bonnes chances d'être réanimé sans aucune séquelle neurologique. Malheureusement, c’était à l'heure de pointe et l'incident s’est produit à L’Île-des-Sœurs dont l'accès se fait via l'autoroute Bonaventure ou Décarie. Autrement dit, il s’agissait d’une situation cauchemardesque, pour les ambulanciers.

À 17h06, le 9-1-1 est avisé. Puis l'appel bascule à Urgences-santé et peu après 17h07, une ambulance est affectée. Moins d'une minute plus tard, cette ambulance est réassignée, car une ambulance plus près s'est libérée. Cette dernière se met en direction de la Place de la Fontaine à 17h09, soit trois minutes après que l'appel ait été initié par les sauveteurs de la piscine. Une deuxième équipe avec médecin est également affectée à 17h11, mais il faudra encore 17 minutes à la première ambulance pour arriver à destination. Il est alors 17h26 (et 34 secondes). La deuxième ambulance prend un peu plus de temps et arrive à 17h30. Entre temps, un médecin qui se trouve là par hasard était venu prêter main-forte aux sauveteurs. Mais le coroner affirme qu’un médecin sans équipement peut bien peu de choses, sinon aider à la réanimation de base avec ventilation par masque et massage cardiaque transthoracique telle que pratiquer par les sauveteurs lors de l’événement.
Et les sauveteurs?
Dans les jours qui ont suivi ce tragique accident, plusieurs personnes ont pointé du doigt les sauveteurs. Dans son rapport, le coroner ne les blâme pas. Il décrit en détails les circonstances de leur intervention et les délais entre l’entrée dans la piscine de M. Lee et le moment où il a été retiré de l’eau.
Dans ce texte, on a volontairement omis ces informations, car le coroner n’attribue aucune faute aux sauveteurs. Comme on peut le constater en faisant la lecture du rapport, l’intervention rapide d’une équipe de premiers répondants aurait pu faire toute la différence.

Il est à souhaiter que ses recommandations pour le devancement de la formation des pompiers de la caserne 67 ne resteront pas lettre morte.

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