Dans une opinion publiée par Le Magazine (14 janvier 2010), M. Mario V. Petrone déplore la décision de Verdun, annoncée au conseil d’arrondissement cet automne, de démolir l’installation Milieu humide. Il se dit «insulté» par ce «manque de respect pour l’art». Il dénonce l’influence que, selon lui, exercent sur les politiciens les réactionnaires qui n’apprécient pas les œuvres originales. M. Petrone soutient qu’«il est primordial que tout l’aspect technique, ingénierie ou scientifique soit contrôlée (sic) au maximum car ce sera toujours sur ce ‘grain de sable’ que les destructeurs s’acharneront pour démolir» des œuvres d’art dont nos villes ont tant besoin.
L’Association des propriétaires et résidants de L’Ile-des-Sœurs ne se prononce pas sur la beauté du Milieu humide, une question controversée. L’APRIDS se préoccupe plutôt de la sécurité du carrefour et de cette installation; à ce titre, elle a souvent manifesté ses inquiétudes auprès de Verdun. Plusieurs aspects sont très préoccupants.
D’abord, la visibilité des piétons et cyclistes pour les automobilistes qui entrent dans ce carrefour. Des dangers menacent les gens traversant l’accès qui mène de l’autoroute 15 au carrefour. Aucun panneau n’exige de réduire la vitesse. L’éclairage sur les piétons, malgré nos plaintes, demeure insuffisant. Les conducteurs doivent vérifier simultanément la présence de piétons et l’arrivée de voitures auxquelles ils doivent céder le passage dans le carrefour. Tout ceci avec comme fond les tiges vertes du Milieu, éclairées et réfléchissant la lumière, qui distraient l’attention.
Les piétons traversant les trois autres entrées et sorties du carrefour doivent eux aussi faire preuve de grande vigilance parce que les automobilistes, distraits par les tiges et les autres véhicules, n’ont guère le temps de les apercevoir.
Contrairement aux lampes au sodium près du carrefour, les lampadaires avec lumières blanches éblouissent les conducteurs.
D’après le ministère des Transports, le carrefour giratoire n’est pas d’abord une œuvre d’art ! C’est un aménagement routier qui vise avant tout à optimaliser la fluidité de la circulation de façon sécuritaire, l’aspect esthétique de l’ilot central étant secondaire. Ce n’est certainement pas le meilleur endroit pour installer des technologies non éprouvées, telles que le Milieu humide.
Un aspect essentiel de ce Milieu est son effet de brume, qui rappelle la proximité du fleuve. Or, les tests effectués depuis juin 2009 n’ont jamais pu permettre de produire une brume légère et sécuritaire. Nous en avons été témoins : l’effet de brume cause un immense nuage opaque de vapeur blanche qui rend la visibilité nulle et, finalement, mène au chaos, exigeant la présence de policiers.
Ces inquiétudes pour la sécurité ne sont pas imaginaires. En novembre, une cycliste a été blessée au carrefour, alors même qu’il n’y avait aucune brume (Le Magazine, 7 janvier 2010). Et ce n’est pas la première victime. Plusieurs piétons n’ont pas la vivacité d’une personne de 20 ans; pensons à celles habitant l’Ambiance juste à côté.
L’APRIDS est d’avis que les tests catastrophiques et l’incertitude ont assez duré. Pour des raisons de sécurité, Verdun doit donner suite à sa décision d’abandonner ce projet. On doit réduire la vitesse, améliorer l’éclairage et rendre les passages piétonniers plus visibles. La consultation de la population de l’île pourrait permettre de trouver une œuvre ou un aménagement esthétique et sécuritaire.
Le carrefour du Milieu humide est-il vraiment sécuritaire?
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