Monsieur le Maire,
Vous vous rappellerez que l’Association des propriétaires et résidants de L’Île-des-Sœurs (APRIDS) s’était objectée à votre projet de modifier le plan d’urbanisme pour inclure un usage résidentiel dans la zone de commerces et bureaux de la place du Commerce. Verdun est néanmoins allé de l’avant avec ce projet. Dans le plan d’urbanisme et dans la réglementation de zonage (règlement 1700-82), l’usage mixte, soit pour fins résidentielles, commerciales et de bureaux, est désormais permis dans une très large portion de la place du Commerce. En effet, le changement vise tout le côté nord de la place, du carrefour du Milieu humide jusqu’à l’intersection de place du Commerce et René-Lévesque, incluant la rue Levert.
Ce nouveau zonage est pour le moins étonnant. D’abord, dans votre présentation de la version finale du plan d’urbanisme, en conseil d’arrondissement, vous aviez affirmé que Verdun procèderait «très prudemment» à ce changement de vocation de la place du Commerce. Comment peut-on prétendre que permettre l’usage résidentiel dans bien au-delà de la moitié de la place est une décision «très prudente»?
Ensuite, l’idée d’intégrer des résidences dans une zone commerciale afin de la rendre plus humaine et conviviale est louable, mais encore faut-il pouvoir envisager les répercussions concrètes d’une telle décision.
L’APRIDS a d’excellentes raisons de s’inquiéter de cette nouvelle vocation. Avant ce changement, Verdun affirmait que, selon le zonage alors en vigueur pour l’ensemble de l’île, la population ne dépasserait pas 25 000 habitants. Plusieurs citoyens étaient sceptiques quant à cette projection optimiste. Or, en ajoutant l’usage résidentiel à la place du Commerce, Verdun ne peut plus soutenir son argument démographique. Plus que jamais, les sceptiques ont raison de penser qu’il y aura bien plus que 25 000 personnes sur l’île.
Comme l’APRIDS l’a rappelé avec insistance dans les consultations sur le plan d’urbanisme, Verdun et les autres instances gouvernementales (commission scolaire, etc.) n’ont pas prévu assez de terrains d’utilité publique et d’installations et ont conçu certaines infrastructures (carrefours, rues, etc.) insuffisantes pour desservir une population de 25000 résidents. La découverte soudaine du besoin d’une école additionnelle, alors qu’il n’y a pas encore 18 000 habitants dans l'île, en est une illustration incontestable.
L’ajout de nombreux logements à la place du Commerce créera des besoins encore plus importants. Où trouverez-vous l’espace et les ressources nécessaires pour de nouvelles installations sportives, culturelles, de loisirs (parc, aréna, etc.) et éducatives (une 3e école, secondaire peut-être)?
Quand donc Verdun s'offrira-t-il une planification réaliste et «très prudente» de l’expansion de L’Île-des-Sœurs ? Il en va de notre qualité de vie.
Pierre-G. Jobin
Président, APRIDS
