Le site proposé est le parc de la Fontaine. L’édifice sera assis exactement sur le stationnement et le parc à chiens. Malgré cette astucieuse initiative pour préserver la majeure partie des espaces verts, des citoyens s’opposent farouchement. Voici les arguments et suggestions des opposants, accompagné de commentaires personnels.
«On ne doit pas sacrifier un parc pour construire une école.» Plusieurs ont suggéré de construire l’école dans le parc Archambault, ce qui m’apparait ironique puisque pour préserver un stationnement et éviter la relocalisation du parc canin, ils sont prêts à saccager un espace vert de meilleure qualité, soit la parcelle de terre reliant le boisé Saint-Paul au fleuve, rare trésor de biodiversité. En plus, cet emplacement ne permet pas la construction d’une école à cause des biogaz émanant du sol. D’autres ont suggéré la pointe de tarte à l’autre extrémité du parc; pourquoi détruire un espace vert pour épargner l’asphalte du stationnement?
«Le trafic de la rue Berlioz est trop dangereux pour y localiser une école». J’apprécie le souci pour la sécurité des enfants, mais la majorité des opposants préconisent de construire l’école à l’intersection rue Levert/boul. René-Lévesque, un axe routier excessivement achalandé à circulation rapide. Habitant ce secteur, j’ai de la difficulté à traverser la rue à l’heure de pointe du matin; imaginez le danger pour la horde d’enfants qui se dirigeront à l’école! Ce terrain est situé dans un secteur commercial, ne bénéficie d’aucunes infrastructures comme celles au parc de la Fontaine et n’offre rien d’intéressant pour y construire une école.
«Un transfert administratif des élèves à Verdun-terre ferme n’est pas l’idéal mais serait acceptable ». Une école au parc de la Fontaine procurerait le statut de marcheur à la presque totalité des élèves. Cet avantage énorme diminuerait le transport scolaire et favoriserait l’exercice. On suggère plutôt des allers-retours en autobus aux travers des reconstructions éventuelles du pont Champlain et de l’échangeur Turcot, bref une avenue inacceptable et irresponsable.
«Je veux préserver le parc à proximité de ma résidence.» L’accès au parc ne sera nullement compromis. Toutes les voies d’accès seront maintenues, d’autant plus que des infrastructures additionnelles bonifieront les services offerts aux utilisateurs du parc. L’école sera assise sur le stationnement existant, et le parc à chiens sera relocalisé et amélioré. On défend l’accès d’un parc à proximité, mais on néglige l’accès de nos enfants à une école primaire à proximité.
«Ça va augmenter la circulation automobile dans le secteur.» Une des suggestions était d’ajouter des étages à l’école existante, au parc Elgar, la plus populeuse du Québec. La Commission scolaire et le Ministère refusent d‘augmenter sa capacité pour la sécurité des enfants. On se soucie du trafic dans un secteur, mais on en «pellete» plus dans un autre secteur déjà fortement sollicité.
«Pourquoi ne pas vous faire offrir un terrain par un promoteur qui donnerait son nom à l’école?» Si vous trouvez ce promoteur, avisez-nous!
«J’ai décidé d’habiter à L’Île-des-Sœurs pour avoir la paix.» Enfin quelqu’un qui a eu le courage de dire le fond de sa pensée: ne pas vouloir d’enfants dans son voisinage!
Autres avantages: La valeur des propriétés a tendance à augmenter à proximité des écoles; ce phénomène s’observe partout en Amérique du Nord. La ville n’aura pas besoin d’exproprier à fort prix un terrain privé. Cette économie considérable pourrait servir à l’amélioration de nos espaces verts et infrastructures.
Le parc de la Fontaine est le seul endroit qui offre la sécurité et les infrastructures nécessaires à une école primaire. Ce projet reçoit une forte approbation de la population de L’Île-des-Sœurs, mais seuls les habitants des zones contigües au parc (dont la majorité n’a plus à se préoccuper de l’éducation primaire de leurs enfants) seront habilités à décider de son sort. Il est injuste que cette décision ne repose qu’entre leurs mains. Les opposants se bornent à fermer les yeux sur les avantages qu’il procure (bonifications des infrastructures et services, et maintien d’autres espaces verts de meilleure qualité). Ils le font égoïstement et n’ont pas d’égard pour les enfants, qui n’ont pas à payer le prix des erreurs passées.
Claude Giguère.