Tous les paliers de gouvernement sont aux prises avec des problèmes majeurs. Certains d'entre eux mettent en péril la sécurité des gens et pourtant, dans la plupart des cas, les solutions que l'on propose ne pourront être réalisées avant cinq, dix ou quinze ans. Pourquoi?
Le gouvernement fédéral investit des centaines de millions de dollars pour assurer la sécurité des usagers du pont Champlain. D'études en études, on a fini par admettre que le pont devait être reconstruit. On va en construire un autre, oui, mais où, à quel prix et surtout, quand? Entre temps, on va consacrer des dizaines de millions de plus à l'entretien de cette infrastructure.
Au cours des dernières semaines, on a annoncé la fermeture, pour plusieurs mois, d'une autre bretelle de l'échangeur Turcot. Des sommes considérables seront consacrées aux réparations; on n'a pas le choix, car elle pourrait s'écrouler, sans ces mesures... temporaires. Dans quelques mois, on entreprendra des travaux pour le remplacement de l'échangeur et d'ici la fin de cette décennie, ils devraient être complétés; du moins, on l'espère.
J'ai choisi ces deux exemples, car ils illustrent des situations où la vie des gens est indéniablement menacée. Ce n'est pas du sensationnalisme; il faut agir immédiatement pour renforcer les éléments affaiblis de ces infrastructures. Après des années de tergiversations, on a décidé de procéder au remplacement de ces infrastructures. On a décidé... Mais dans combien de temps pourra-t-on profiter du nouveau pont et du nouvel échangeur? Et on aura dépensé plus d'un milliard de dollars avant que les solutions définitives ne soient accessibles au public.
Au début de l'an 2008, on accordait un permis pour les travaux de prolongement de l'autoroute 25, entre Montréal et Laval. Ce tronçon incluait un pont au-dessus de la rivière des Prairies, plusieurs kilomètres d'autoroute, des bretelles, des viaducs, des échangeurs. En trois ans (vous avez bien lu), le projet a été complété; on a même devancé l'échéancier prévu par les concepteurs. Les usagers de cette nouvelle infrastructure routière sont, pour la plupart, enchantés de cette réalisation. Il leur en coûte quelques dollars par jour, pour l'emprunter, mais cela représente pour eux des économies appréciables en temps, en argent et... en pollution.
Ce projet a été réalisé en partenariat public-privé et son succès est indéniable; je peux en témoigner, car j'emprunte fréquemment ce trajet. Les seuls problèmes vécus par les usagers surviennent quand ils quittent ce nouveau tronçon de route pour s'engager sur les voies qui sont sous la responsabilité des différents paliers de gouvernement.
Je suis convaincu que si l'on faisait appel au secteur privé pour trouver des solutions aux grands problèmes qui affectent la collectivité québécoise, on les réglerait plus rapidement et à moindre coût. Et, au lieu de consacrer du temps et de l'énergie à chercher des coupables parmi les entrepreneurs qui abusent du laxisme gouvernemental, on devrait peut-être s'attarder à mettre en place des mesures pour contrôler et enrayer les méfaits dont quelques-uns d'entre eux sont peut-être les auteurs.

