Dans quelques jours, la campagne électorale prendra fin, mais dans les 308 circonscriptions électorales du pays, les séquelles de cette vaste opération seront encore bien présentes. Nos rues, nos parcs, nos espaces verts continueront, pendant plusieurs semaines d’être encombrés par les affiches des candidats.
En plusieurs endroits, ces affiches ont du être réinstallées plusieurs fois, après avoir été endommagées par les intempéries ou des adversaires un peu trop vindicatifs. Combien a-t-on dû sacrifier d’arbres pour ces opérations?
Dans les écoles, les officines gouvernementales, on fait de grandes croisades pour sensibiliser le public à éviter le gaspillage de papier, de carton, de bois. On invite les gens à écrire sur les deux côtés des feuilles de papier et l’on encourage les gens à ne plus imprimer les documents qui peuvent être consultés à l’écran. Mais au moment des campagnes électorales, tous ces beaux principes ne tiennent plus.
Ici même, à L'Île-des-Sœurs, les défenseurs de l’environnement combattent le développement domiciliaire en invoquant les dommages qu’il cause à la faune et à la flore. Ils sont pourtant bien silencieux envers les partis politiques qui sacrifient inutilement des millions d’arbres à leurs campagnes publicitaires.
D’ailleurs, de nombreux politiciens se plaisent à rappeler que les affiches électorales sont une façon rapide et efficace d’informer le public sur les différents partis et leurs représentants. Cela est vrai, du moins en partie, mais peut-on croire qu’en l’an 2011, on soit encore forcé d’utiliser de tels moyens pour rejoindre les gens?
À l’échelle nationale, ne serait-il pas possible d’accorder aux chefs de tous les partis reconnus du temps d’antenne gratuit pour leur permettre de se faire connaître? On le fait déjà, je le sais, mais ne pourrait-on pas rendre cette pratique statutaire et impartiale? Il en est de même pour les journaux et les autres formes de communication que sont la télévision et la radio. Presque partout, au pays, ces médias disposent de bureaux régionaux qui pourraient offrir, des espaces ou du temps de diffusion aux candidats locaux. Dans un média comme celui-ci, on le fait déjà, mais les gouvernements pourraient généraliser cette pratique et en définir équitablement les règles.
Quand on veut, on peut. Mais on ne veut pas très fort… C’est à croire que le lobby de la pancarte est le plus puissant de tous. C’est le seul qui est épargné par celui des environnementalistes.

