La plupart des observateurs voient dans cette annonce une stratégie pré-électorale et je suis bien tenté d’abonder dans leur sens. Cela ressemble drôlement à une promesse, surtout lorsqu’on prend la peine de préciser que la nouvelle construction ne débuterait pas avant huit ans… minimum!
Il reste que la « reconstruction » du pont Champlain ne serait sûrement pas du gaspillage. Les gens de L'Île-des-Sœurs n’ont qu’à mettre le nez à leur fenêtre pour constater que le flot des véhicules y est infernal. Les fardiers, les autobus, les véhicules de toutes dimensions y circulent 24 heures sur 24 et 365 jours par année.
Pour les résidants de L'Île-des-Sœurs et de l’ensemble de l’arrondissement de Verdun, l’emplacement précis de cet éventuel nouveau pont a une grande importance. Il suffit d’envisager quelques scénarios pour en prendre conscience.
Si, comme on l’a affirmé dans certains médias, l’extrémité montréalaise de ce pont ne passait plus par l’île des Sœurs, cela changerait complètement les options de circulation entre l’île et la « terre ferme », d’une part et entre l’île et la Rive Sud, d’autre part. Et que dire de la circulation qui provient de l’autoroute Décarie ou qui s’y dirige, via l’autoroute 15? Faudrait-il réaménager l’échangeur Turcot alors qu’on achèverait à peine sa reconstruction? On le voit bien : l’option d’un pont Champlain déplacé de son axe actuel semble tellement problématique qu’elle apparaît tout à fait invraisemblable.
Il serait plus logique de construire le nouveau pont le long du pont actuel et de refaire (en l’élargissant) le pont de L'Île-des-Sœurs. Du même coup, on éliminerait la nécessité d’un éventuel « pont de service » entre l’île et la « terre ferme » et on pourrait même conserver le tronçon principal du pont Champlain actuel pour certains usages mieux adaptés à sa structure vieillissante.
Mais tout cela n’est que rêve et spéculation. Ce à quoi on peut à coup sûr s’attendre, c’est que l’on dépensera des dizaines de millions de dollars en études et en analyses, pour déterminer, dans une dizaine d’années, que le pont actuel ne répond plus aux besoins…

