Il est vrai que les événements dont je fais état ne semblent pas mettre en péril la vie des gens. Souvent, il ne s'agit que de beuveries, de fêtes bruyantes, de vagabondage, de graffitis... Ces agissements empêchent cependant les citoyens de profiter de la quiétude à laquelle ils ont droit; ils font aussi courir des risques de blessures à leurs auteurs ou à d'innocents observateurs.
On constate également qu'il semble y avoir une escalade, dans les inconduites. À force de pouvoir agir impunément, les jeunes délinquants passent très souvent à des actes un peu plus graves: des cambriolages, des vols d'autos, de l'intimidation. Très souvent, ces délits permettent aux jeunes malfaiteurs de se faire des contacts avec des criminels plus endurcis, comme les receleurs, les revendeurs de drogue ou d'armes prohibées...
Quelles sont les ressources dont disposent les honnêtes citoyens, lorsqu'ils constatent de telles situations? Certaines personnes soutiennent que les propriétaires d'immeubles à logement devraient engager des agences privées pour protéger les aires communes, mais ceux-ci estiment qu'ils paient déjà des taxes considérables et que la sécurité publique n'est pas de leur ressort. Les patrouilleurs de la Surveillance du territoire n'interviennent pas à l'intérieur des édifices. Au service de police, on ne se déplace même plus pour prendre les rapports; il faut se rendre au poste de quartier...
Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de «petits incompris», ni de malfaiteurs. Mais, à L'Île-des-Soeurs comme ailleurs, ces voyous sont de plus en plus nombreux. Les parents ne s'occupent pas de leurs jeunes adultes, les propriétaires d'immeubles n'ont pas les ressources requises et les policiers ont, semble-t-il, d'autres chats à fouetter.
Je pense que c'est pourtant aux forces de l'ordre qu'il appartient d'assurer la protection du public. Malheureusement, on a de plus en plus l'impression que les policiers font partie d'un monde à part et qu'ils n'ont aucune obligation envers la population. Quand on entend parler d'eux, dans les médias, c'est pour les écouter se plaindre de leurs supérieurs, des élus municipaux, de leurs «pauvres» conditions de travail. Comment peut-on s'attendre au soutien des gens qui sont supposés faire respecter l'ordre, alors qu'ils passent une grande partie de leur temps à le contester?
Dans quelques jours, on connaîtra le nom du nouveau directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Espérons qu'il aura le courage de faire comprendre à ses troupes que s'ils ont des droits et privilèges, ils ont aussi certains devoirs envers les citoyens.

