Quand on connaît le nom de ce projet, on comprend déjà un peu mieux ce qu’il représente. Si on voulait en résumer la description, on pourrait dire qu’il s’agit de la représentation d’un «milieu humide» artificiel et rappelant, sous plusieurs aspects, certains caractéristiques géographiques de l’île des Sœurs.
On peut difficilement se faire une juste idée de ce projet, alors qu’il n’est pas encore complété et n’est pas… «opérationnel». Le consortium <@Ri>Vlan et Atelier in Situ» est le concepteur du projet et le décrit comme «une expérience cinétique diurne et nocturne de la matière aqueuse et lumineuse pour créer une porte d’entrée à L'Île-des-Sœurs, à l’image de ses rives». En d’autres termes, on peut expliquer que cet arrangement est un dispositif vivant qui réagira à son environnement et se métamorphosera en fonction de facteurs biophysiques et humains. On a utilisé des matériaux et des techniques innovatrices pour réaliser cette œuvre qui trouvera sa véritable dimension lorsque les aménagements naturels y auront été incorporés.
Parmi les critères à considérer lors de la conception du projet, il fallait tenir compte du déplacement des véhicules qui s’approchent du carrefour et le contournent. On a donc cherché à créer une transition entre la circulation sur les axes routiers principaux et la vie de quartier. L’aménagement est donc constitué de deux principaux éléments. Le premier est une « zone d’accueil », plantée de graminées comme celles que l’on retrouve sur les rives du fleuve et qui accompagne la décélération de l’automobiliste qui s’approche du carrefour. Le noyau central est considéré comme un endroit de transition, constitué d’une pièce lumineuse et humide.
Les «roseaux» qui constituent l’élément le plus visible du projet sont en Lexan translucide et ils sont translucides et photo-luminescants. Une de leurs particularités est leur capacité à réagir à leur environnement immédiat en canalisant l’énergie environnante, pour l’emmagasiner et la réémettre, faisant du projet un exemple d’infrastructure «durable».
Trois niveaux de floraison sont proposés dans l’agencement des plantes indigènes qui s’épanouiront au printemps, à l’été et à l’automne. Le sol de la pastille est recouvert de d’ardoise noire concassée qui brillera lorsqu’elle sera humidifiée par la brume artificielle ou naturelle.
Ces divers éléments (dont on ne présente ici qu’une brève description) sont sélectionnés pour leur durabilité et leur facilité d’entretien.
Il est à noter que les conditions météorologiques modifieront le comportement et la perception du projet. Déjà, la première neige qui tombait, lundi soir, a permis de révéler une facette différente de l’aménagement qui, il faut le rappeler, n’est pas encore complété.
Comme on le mentionnait dans les différents articles publiés depuis le début de l’année par Le Magazine, ce projet est le résultat d’un concours pan-canadien lancé en septembre 2006 et auquel onze firmes spécialisées ont participé. Quatre projets ont été retenus et un jury a été constitué pour la sélection finale.
Le projet coûte 410 000 $ aux contribuables. Les dépenses font partie du budget triennal de la ville de Montréal.
Un «Milieu humide» qui ne fait pas l’unanimité
Le projet qui est en voie d’être complété, au carrefour giratoire de l’entrée de L'Île-des-Sœurs a été baptisé Milieu humide par ses concepteurs. Dans ce texte, Le Magazine tente d’apporter certaines réponses aux questions soulevées par plusieurs résidants de l’île à l’égard de cette oeuvre.
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