Louise Deschâtelets habite L’Île-des-Sœurs depuis 30 ans. Elle a vu naître le quartier. Quand la comédienne, qui joue une syndicaliste convaincue dans le téléroman Virginie, a déménagé sur l’île, il n’y avait aucun trottoir, ni lampadaire dans les rues.
Difficile à croire aujourd’hui, mais L’Île-des-Sœurs a déjà ressemblé à la campagne. «À l’époque, il y avait juste une épicerie et une banque. C’était pratiquement la forêt. Aujourd’hui, l’île s’est énormément développée», constate Louise Deschâtelets.
Pour elle, L’Île-des-Soeurs, c’est d’abord le vaste paysage qui s’offre à elle du haut de son appartement situé au 9e étage de son immeuble.
«Je n’ai aucun obstacle qui me bloque la vue. Je vois aussi loin que les Cantons-de-l’est. Je peux observer tout le centre-ville de Montréal ainsi que l’est de la ville jusqu’au mât du Stade olympique. C’est impressionnant, surtout durant le jour. Cette vue, c’est la première chose que les gens remarquent quand ils entrent chez-moi», explique d’emblée Mme Deschâtelets.
La comédienne et animatrice a bien pensé à déménager au centre-ville de Montréal pour se rapprocher de tout. «Même quand je visitais des appartements au sommet des immeubles, il y avait toujours des obstacles à ma vue. Au final, j’estime que la vue a beaucoup d’importance dans le choix d’une demeure.»
Mme Deschâtelets est une réelle lève-tôt. Dès 5 heures du matin, elle est debout. Au programme: ses séances d’exercice. Durant la belle saison, elle effectue de la marche rapide sur l’estacade qui longe le pont Champlain jusqu’à l’île Notre-Dame. Cet aller-retour lui prend une heure. En forme, vous dites! «Il n’y a rien de mieux qu’une marche d’une heure pour apprendre mes textes de Virginie. C’est parfait», lance-t-elle en riant.
Ensuite, elle se met au boulot. Elle rédige de chez elle sa chronique dans le Journal de Montréal. «La lumière qui pénètre par mes fenêtres change d’heure en heure. Ça influence mes états d’âme», avoue-t-elle.
Dans Virginie, Louise Deschâtelets joue le personnage de Ghislaine Cormier. Cette dernière a subi tout un revers cet automne alors qu’elle a perdu son poste de représentante syndicale des professeurs de Sainte-Jeanne-d’Arc. «Ça n’empêche pas Ghislaine de continuer à se battre pour ses collègues», dit son interprète.
D’ici la fin de la saison, Ghislaine s’alliera avec Lacaille (J.C. Lauzon) pour convaincre les autres professeurs que la nouvelle directrice Louise Michel est aussi dictatoriale que son prédécesseur Michel Rivest.
«Lacaille veut organiser une tentative de putsch contre Louise Michel. Il entraîne Ghislaine avec lui. Nous verrons donc naître un conflit entre Ghislaine et Louise, deux femmes du même âge, qui ont commencé en même temps leur carrière dans l’enseignement, mais qui ont des divergences d’opinion, révèle Mme Deschâtelets. Louise Michel semble chercher le consensus en écoutant beaucoup les professeurs, mais son but est de les amener à penser comme elle. En ce sens-là, elle est aussi dictatoriale que Rivest.»
Au-delà des démêlés syndicaux, Ghislaine Cormier continue à fréquenter le jeune Bobby Rajotte. Une relation invraisemblable qui la fait souffrir. «Ghislaine se rend bien compte que Bobby est un coureur de jupons. Sauf que l’appel de la chair, Ghislaine est incapable de l’étouffer», raconte son interprète.
Après cinq saisons dans Virginie, Mme Deschâtelets apprécie la stabilité des équipes de techniciens, maquilleurs et coiffeurs. «Je suis une fille qui n’aime pas trop les changements même si je pratique un métier qui comporte beaucoup de nouveautés», dit celle qui espère jouer encore plusieurs années dans Virginie. Souhaitons-lui.




