Pour des raisons incontrôlables, il a été impossible de publier les propos recueillis auprès de Mme Gauthier, dans les jours qui ont suivi cette nomination. C’est donc en s’excusant pour le retard bien involontaire que l’on publie ses commentaires.
Manon Gauthier a reçu de nombreux appels et courriels, à la suite de la diffusion de cette nouvelle. Elle estime que cet honneur doit être partagé par toutes celles qui essaient de faire leur marque dans des secteurs hautement compétitifs. « Cet honneur est une avancée importante pour le leadership au féminin. Il ne s’agit pas d’une victoire individuelle, mais bien d’une reconnaissance collective du rôle essentiel et grandissant de la femme dans le développement économique canadien, » dit-elle. « Le fait même de souligner la contribution des arts et des communications comme vecteur de développement économique est un pas énorme. Les arts sont un véhicule identitaire, par lequel se crée et se transmet le patrimoine d’une société. Il est grand temps de reconnaître leur rôle dans la création de la richesse canadienne.
Je salue les efforts déployés pour assurer l’intégration des femmes aux conseils d’administration, aux conseils des ministres et à la direction de nos grandes sociétés. Le progrès est remarquable, mais encore faut-il comprendre que l’objectif ultime en matière de condition féminine n’est pas d’atteindre la parité, mais bien l’égalité.
Le Québec s’est taillé une place importante en matière de leadership au féminin. Alors que la majorité de nos grandes institutions culturelles sont dorénavant dirigées par des femmes, il est rassurant de voir les grandes sociétés dans des domaines traditionnellement dominés par des dirigeants masculins emboîter le pas et défier la norme. Qu’on pense à Desjardins, Gaz Métro ou Rio Tinto Alcan, force est de constater que leadership au féminin ouvre la voie à une ère nouvelle, redéfinissant les frontières du pouvoir et de la réussite.
Cette année, neuf Québécoises ont reçu cet honneur, principalement dans le secteur des affaires. Alors que le Québec représente le quart du pouvoir d’achat du pays, il y a fort à parier que les années à venir verront un nombre croissant de Québécoises accéder au Top 100.
La ligne qui sépare le pouvoir du leadership est mince. Quiconque ne fait pas cette distinction parviendra difficilement à la réussite, au succès. Faire preuve de leadership, c’est savoir transmettre le pouvoir, le partager et ainsi influencer l’effort collectif pour générer le changement. Le pouvoir isole, le leadership rassemble. »
