Le 24 mai dernier, c'est en passant par le versant nord que Gabriel Filippi a atteint le faîte de l'Everest. Pour se rendre à ce camp de base avancé (à 6400 mètres), son groupe a parcouru à pied une distance de 21 kilomètres, en effectuant des aller-retour, pour l'acclimatation. La deuxième section est très exposée aux vents et, cette année, ceux-ci ont atteint la force d'un ouragan. Gabriel a même vu un homme dans sa tente être soulevé d'environ 10-12 pieds, avant de revenir au sol. La journée qui permet d'atteindre le sommet est très exigeante, puisque plusieurs sections sont très exposées et, à certains endroits, la largeur de l'arête est si étroite qu'on ne peut y placer qu'un seul pied. Dans cette partie de l'ascension, il y a le « First step » (8500 m) et le « Second Step » (8577 m) qui sont des sections verticales à 90 degrés.
Gabriel raconte ainsi cette dernière journée: « J'avais prévu mon départ du dernier camp (camp III , 8300 m) à 22h, le 23 mai. Comme il y avait une tempête (vents violents, orages et tonnerre), j'ai repoussé le départ à midi le 24 mai. En sortant de la tente, il ne restait plus que la neige qui tombait à plein ciel. Elle m'a accompagné durant toute l'ascension, une accumulation de plus de 20 centimètres. Ceci complique le travail puisqu'on doit faire une nouvelle trace, les cordes sont givrées, ce qui rend le travail beaucoup plus difficile avec nos équipements (jumar, mousquetons). La neige qui s'accumule sous nos crampons donne une moins bonne adhérence et devient un poids de plus à traîner. J'ai rattrapé certaines personnes, parties quatre heures plus tôt que moi. Comme le terrain n'est pas propice à faire des dépassements, il fallait se méfier beaucoup du froid qui peut s'emparer de votre corps et des engelures peuvent alors s'ensuivre pour celui qui persiste à vouloir se rendre au sommet. Un grimpeur est décédé la journée de mon ascension, un autre le lendemain... »
Comme tous les autres grimpeurs, il a savouré les quelques minutes qu'il a passées au sommet, avant d'en redescendre, non sans avoir capté quelques photos et pris le temps de partager son bonheur avec son épouse, qu'il a pu rejoindre par son téléphone satellite. Dans son entrevue sur LCN, il a expliqué à Denis Lévesque que seulement sept ou huit grimpeurs peuvent occuper, en même temps, l'espace restreint de cette cime. Il n'est donc pas question de s'y attarder très longtemps, car le climat n'y est pas très accueillant et l'on a bien hâte de revenir au camp précédent.
Gabriel Filippi a donc vaincu l'Everest à deux reprises. Il n'y a qu'un seul autre grimpeur canadien qui puisse se vanter d'avoir atteint ce sommet par ses deux versants et, à ce jour, il est le seul Québécois qui ait réussi à le faire. Il ne lui reste plus qu'à atteindre la cime du mont Vinson, en Antarctique, pour compléter la « couronne des sept sommets ».
Pour de bonnes causes
Ayant voyagé dans plus de 40 pays, Gabriel Filippi a toujours partagé son temps entre ses deux passions : les gens et la montagne. De retour chez lui, le 1er juin dernier, il a donné plusieurs entrevues dans des journaux et à la télé (SRC, TVA, LCN). Denis Lévesque lui a consacré une heure entière de son émission et il était à « L'ANTICHAMBRE » du réseau RDS, le 14 juin dernier.
Gabriel prépare présentement une nouvelle série de conférences en entreprises. En partageant ses récits, il donne de l'inspiration à ses auditeurs tout en remplissant le mandat de formation recherché par des employeurs. Il estime que l'on retrouve en montagne les mêmes éléments que l'on vit au boulot et dans sa vie professionnelle. Et il ajoute « C'est cliché de dire qu'on a tous un Everest, mais c'est la réalité. »
Il tient aussi à préciser qu'il grimpe pour des causes, des fondations. L'an dernier, pour la Fondation des Canadiens de Montréal pour l'enfance, il apportait dans ses bagages le drapeau du club signé par tous les joueurs de l'édition du 100e anniversaire, ainsi que le piolet signé par Guy Lafleur. Cette année, c'était pour les enfants atteints d'arthrite juvénile puisqu'il est le porte-parole de la Société de l'Arthrite.
Un nouveau défi
Au cours des prochains mois, Gabriel Filippi prendra une pause des montagnes, mais ce n'est pas pour se reposer. Il reprend l'entraînement pour un défi bien différent, le Florida Ironman 2010. L'Ironman est un triathlon qui consiste à franchir à la nage une distance de 3,8 km, puis à parcourir 180 km, en vélo, avant de s'engager dans un marathon de 42,2 km. Pour y participer, Gabriel devra... apprendre à nager, puisqu'il ne s'est jamais adonné à cette activité physique, depuis sa naissance; ce sera son Everest (défi personnel), à la veille de son 50e anniversaire. Il est convaincu d'y arriver et de pouvoir plonger dans les eaux de la côte ouest de la Floride, avec les autres concurrents, le 6 novembre prochain.
On peut trouver d'autres informations sur Gabriel Filippi en consultant son site internet à l'adresse www.gabrielfilippi.com ou en effectuant une recherche en inscrivant son nom sur un moteur de recherche.
